Présidence des Républicains: Maël de Calan, «juppéiste dans [s]on ADN» à Nogent-sur-Marne

REPORTAGE Maël de Calan, candidat à la présidence du parti Les Républicains, ancien porte-parole d’Alain Juppé, était ce mercredi soir en réunion publique à Nogent-sur-Marne…

Anne-Laëtitia Béraud

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Maël de Calan, candidat à la présidence du parti Les Républicains, le 30 mai 2017 à Morlaix
Maël de Calan, candidat à la présidence du parti Les Républicains, le 30 mai 2017 à Morlaix — FRED TANNEAU / AFP

En campagne pour la présidence du parti Les Républicains, les 10 et 17 décembre, le juppéiste Maël de Calan a fait, mercredi soir, halte à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). Dans la salle Emile Zola, au milieu d’une petite quarantaine de militants, le trentenaire promis à la défaite face à Laurent Wauquiez - il n’en fait pas mystère -, vient promouvoir sa candidature.

L’élu de Roscoff et conseiller départemental du Finistère, ancien conseiller et porte-parole d’Alain Juppé durant la primaire de 2016 souhaite incarner une ligne « de droite modérée ». Avec « un collectif d’élus », répète-t-il, il cherche à organiser ce courant après le scrutin de décembre, souhaitant « peser sur la ligne politique des Républicains » et ce « afin d’être majoritaires d’ici deux ans et demi », a-t-il détaillé auprès de 20 Minutes.

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D'unAlain Juppé version 2016, Maël de Calan en adopte des positionnements similaires : Il ne conçoit la droite que comme « l’union de la droite et du centre », vante « le refus de la démagogie » et se dit résolument pro-européen. « Si Laurent Wauquiez demain est élu et ne parle qu’à une partie de la droite, le parti est promis à l’explosion », juge Maël de Calan, reconnaissant cependant être « minoritaire » au sein du parti. De l’ancien champion, le candidat dit : « Je suis un juppéiste qui cherche à ne pas instrumentaliser Alain Juppé. Donc Alain Juppé me soutiendra quand il le souhaite. »

« Je suis juppéiste dans mon ADN »

Le maire de Bordeaux, que Maël de Calan a côtoyé pendant des mois, est en effet resté silencieux à propos de son ancien conseiller. Tout juste a-t-il lâché début septembre : « Je ne me mêle pas des Républicains, mais je veille à sa ligne politique, de là où je suis. Je tiens à ce qu’elle soit respectée, pas d’alliance avec le Front national, notamment. Maël de Calan défend cette ligne politique », déclare-t-il alors à Sud-Ouest. Un appui plus ferme doit intervenir le 5 décembre lors d’un meeting à Bordeaux, durant lequel Alain Juppé prendra la parole, glisse-t-on à 20 Minutes, confirmant une information du Figaro.

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A propos d’Alain Juppé, qui a loué le 10 novembre l’action du président Emmanuel Macron et suggéré l’idée d’un « grand mouvement central » en vue des Européennes de 2019, Maël de Calan explique : « Je crois qu’Alain Juppé est dans l’opposition constructive à Emmanuel Macron​. Lorsque nous faisons la somme de ce tout qui nous rapproche et tout ce qui nous sépare, cela nous place plutôt dans l’opposition ouverte, utile, qui doit pousser Macron à réformer. Je crois que c’est sa pensée, mais je ne suis pas son porte-parole. Je suis juppéiste dans mon ADN, je l’ai au téléphone régulièrement, mais je n’ai pas envie de le faire parler. »

« Il est un peu jeune tout de même pour être un successeur »

Ancien soutien d’Alain Juppé, le maire LR de Nogent-sur-Marne Jacques J.P. Martin voit « en Maël de Calan un successeur d’Alain Juppé, un homme qui peut porter les valeurs gaullistes, sociales, libérales et républicaines ». Parrain du trentenaire pour cette élection, Jacques J.P. Martin s’interroge actuellement sur sa place au sein de LR. Interrogé pour savoir s’il peut quitter le parti après le 10 décembre, ce maire confie : « C’est une question que je pose souvent en ce moment. Laurent Wauquiez est un homme clivant. »

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Au premier des six rangs de la salle, Annie, militante à Nogent-sur-Marne, estime que « Maël de Calan est dans la lignée d’Alain Juppé ». Avant d’ajouter qu'« il est un peu jeune tout de même pour être un successeur ». Cette retraitée qui a voté Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle estime que « la droite a besoin de renouveau ». Une autre militante, qui a elle aussi soutenu Alain Juppé, estime qu’autour d’elle les militants sont déboussolés par la prochaine « direction de Laurent Wauquiez avec une certaine dérive droitière ».

Maël de Calan, dans les pas d’Alain Juppé ? Que nenni, juge au contraire Gilles Carrez, député LR de la circonscription. « Je dis aux jeunes, émancipez-vous, n’ayez pas de parrain ! », lance-t-il. Si l’ancien soutien de François Fillon a parrainé Maël de Calan pour concourir à cette élection, ce n’est pas pour la sensibilité du candidat mais « au nom de la pluralité et de la démocratie »