Pourquoi le départ de plusieurs parlementaires LR va faire mal au portefeuille des Républicains

COMPTES Plusieurs députés et sénateurs devraient décider ce jeudi de ne plus être rattachés aux Républicains, ce qui représente un manque à gagner pour le parti...

Laure Cometti

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Le siège des Républicains à Paris (illustration).
Le siège des Républicains à Paris (illustration). — TRISTAN REYNAUD/SIPA
  • Comme chaque année fin novembre, les parlementaires doivent déclarer leur rattachement à un parti politique.
  • Recomposition politique oblige, plusieurs députés et sénateurs ont annoncé qu’ils ne se rattacheront plus aux Républicains.
  • Leur décision aura un impact sur les financements publics touchés par les partis.

Une étiquette qui remplit les caisses des partis. Les parlementaires ont jusqu’à ce jeudi, minuit, pour déclarer le parti politique auquel ils sont rattachés. Cette année, cette formalité en apparence anodine va faire perdre des sous aux Républicains, puisque plusieurs sénateurs et députés LR devraient déclarer leur rattachement au parti Agir, fondé dimanche.

Un manque à gagner pour le parti LR, déjà endetté

Or les partis politiques sont en partie financés par des subventions publiques. Une partie de ces aides versées chaque année sont calculées sur la base du nombre de voix obtenues par le parti lors des dernières élections législatives. L’autre est proportionnelle au nombre de parlementaires rattachés au parti, qui a reçu environ 37.000 euros par tête en 2016. Chaque année, sénateurs et députés sont invités à déclarer leur rattachement à un parti politique avant la fin du mois de novembre, ce qui permet de calculer la subvention publique reçue par chaque parti l’année suivante.

Pour le trésorier des Républicains Daniel Fasquelle, la création d’Agir dimanche par une vingtaine d’élus Constructifs (LR) est « calculée pour essayer de récupérer des financements publics ».

Les Constructifs devront-ils rendre l’argent à LR ?

Le parti de droite a remporté 112 sièges à l’Assemblée à l’issue du second tour des législatives, mais seuls 100 députés sont rattachés à ce jour au groupe LR. Cette douzaine d’élus devrait priver le parti d’environ 444.000 euros. Daniel Fasquelle affirme à 20 Minutes avoir anticipé ce manque à gagner. « J’ai construit le budget pour 2018 en ne comptant pas sur les élus Constructifs, donc je pense avoir de bonnes surprises ».

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Par ailleurs, cette recomposition politique ne remet pas en cause la première fraction des subventions publiques des partis. Lorsqu’ils ont déposé leur candidature pour les législatives en préfecture, les LR ont déclaré leur rattachement au parti de droite qui continuera à toucher des aides calculées en fonction des voix emportées par tous les candidats, en dépit des protestations de Thierry Solère, qui a officiellement rejoint La République en marche dimanche .

Daniel Fasquelle envisage au nom de LR de demander des comptes aux transfuges d’Agir. « Ils vont récupérer un peu de financements publics, ce n’est pas très correct vis-à-vis du parti qui a prêté à certains 6.000 euros pour la campagne des législatives », estime le trésorier qui envisage de leur demander de rembourser ces prêts. Un remboursement qu'exige aussi Florence Portelli, candidate à la présidence LR. Le parti de droite n’est pas le seul à être confronté à une perte de financements publics dus aux « transfuges » : des députés élus sous la bannière PS ou MoDem, désormais « en marche », ont choisi de flécher leur financement public vers LREM, rapporte  Le Figaro.

Un casse-tête pour les membres d’Agir

Le choix semble plus délicat pour les Constructifs qui ont rejoint Agir. La députée Laure de La Raudière confirme à 20 Minutes qu’elle ne déclarera pas son rattachement à LR, un choix qui devrait primer parmi les autres « ex LR ». Mais leurs subventions ne peuvent pas bénéficier au nouveau parti Agir : pour y être éligible, il faut avoir présenté des candidats ayant obtenu au moins 1 % des voix dans au moins 50 circonscriptions aux dernières législatives.

Les parlementaires Constructifs pourraient finalement choisir de verser leur financement à l’UDI, parti avec lequel ils forment le groupe commun à l’Assemblée, ou décider de n’être rattachés à aucun parti. Dans la deuxième hypothèse, leur cagnotte serait alors reversée dans le pot commun. La défection des ex-LR pourrait donc rapporter un peu plus à… tous les partis politiques.