Huit présidents
Huit présidents — A. GELEBART / 20 MINUTES

SOCIETE

Pourquoi (et pour qui) la Haute-Garonne veut tester le «revenu de base»?

La Haute-Garonne fait partie des huit départements qui souhaitent expérimenter le « revenu de base », la version réaliste du revenu universel. Explications…

  • Le président du département, Georges Méric, veut instaurer un revenu décent y compris pour ceux qui travaillent.
  • Avec son entourage, il cite l’exemple des petits agriculteurs et des salariés ubérisés.

Qu’on se le dise, si Georges Méric, le président socialiste du conseil départemental de la Haute-Garonne, se porte volontaire – avec sept de ses homologues – pour expérimenter « le revenu de base », « ce n’est pas pour ressortir une idée de Benoît Hamon et la faire vivre ». C’est beaucoup plus politique que ça, au bon sens du terme.

>> A lire aussi : Huit présidents de département souhaitent expérimenter le revenu de base

« L’intégration citoyenne dans la République passe par un revenu décent et qui arrive en temps voulu », explique celui qui a signé une tribune en ce sens dans Le Journal du Dimanche. Il dirige un département qui consacre 205 millions d’euros par an pour quelque 35.000 bénéficiaires du CSA et constate que la précarité n’en recule pas pour autant. Notamment parce qu’entre l’accident de vie qui plonge dans la pauvreté et sa prise en compte au divers échelon de l’administration de longs mois s’écoulent. ​ Georges Méric qui estime que « le rapport au travail est train de changer » défend une démarche « scientifique », et « réaliste ».

Les départements pionniers (dont aussi le Gers, l’Ariège et l’Aude) vont financer une étude confiée à des « économistes chevronnés ». « Elle va dégager plusieurs scénarios et dans neuf mois environ nous serons en situation de saisir le Parlement pour commencer l’expérimentation », explique Georges Méric.

>> A lire aussi : Mais pourquoi les entreprises de la Silicon Valley s’intéressent tant au revenu universel?

Jeunes et agriculteurs

Evidemment, difficile de dire avant ce que va conclure l’étude. Mais la Haute-Garonne a pour but de « sécuriser à la fois les travailleurs et ceux qui sont en recherche d’emploi ». Car, selon Sébastien Vincini​ (PS), président de la commission des finances, « aujourd’hui, avec l’ubérisation, le travail ne garantit pas un salaire minimum ».

Comme exemple d’éventuels bénéficiaires du revenu de base, l’élu cite « les jeunes de 18 à 25 ans qui n’ont pas droit au RSA », un jeune comédien ou encore ces « petits » agriculteurs qui ne parviennent pas à sortir un revenu décent. L’idée, c’est d’investir « dans le capital humain ». A suivre.