Le parquet classe sans suite une enquête préliminaire visant Bernard Laporte

JUSTICE Infraction «insuffisamment caractérisée»...

Avec agence

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La France sera candidate à l'organisation de la phase finale du championnat d'Europe des Nations en 2016, a annoncé le secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte, dans une interview publiée mardi par le quotidien sportif l'Equipe.
La France sera candidate à l'organisation de la phase finale du championnat d'Europe des Nations en 2016, a annoncé le secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte, dans une interview publiée mardi par le quotidien sportif l'Equipe. — Francois Guillot AFP

Le parquet de Paris a classé sans suite jeudi une enquête préliminaire ouverte après une plainte pour «tentative d'extorsion de fonds» visant le secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte, selon le site Internet Mediapart. Une information confirmée ensuite de source judiciaire.

Le parquet a classé sans suite l'enquête, estimant que l'infraction dénoncée était «insuffisamment caractérisée».

Des parts contre une rencontre avec Sarkozy

L'enquête avait été ouverte le 8 novembre à la suite d'une plainte simple déposée par l'avocat des gérants du casino de Gujan-Mestras (Gironde) qui estiment avoir rencontré des difficultés anormales pour obtenir des licences d'exploitation de machines à sous.

La plaignante, Frédérique Ruggieri, reprochait notamment à Bernard Laporte d'avoir proposé en août 2005 son entregent auprès de Nicolas Sarkozy, pour faciliter ses démarches, contre des parts dans l'établissement.

Les témoins ne corroborent pas

Frédérique Ruggieri soutient que l'ancien sélectionneur de l'équipe de France de rugby lui aurait «demandé 50% de (ses) capitaux, en échange de son intervention pour rencontrer Nicolas Sarkozy», alors ministre de l'Intérieur, chargé de la surveillance des casinos.

Dans le cadre de cette enquête, Frédérique Ruggieri a été entendue en décembre 2007 par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE). Elle a réitéré devant eux ses accusations, qui n'ont pas été corroborées par les témoins de cette rencontre, selon Mediapart.

Bernard Laporte, lui, a démenti avoir tenté de monnayer son aide, évoquant une plaisanterie.

«C'est elle qui m'avait demandé de lui organiser une entrevue avec Nicolas Sarkozy (...) En déconnant j'ai répondu "Donne moi 10% et je te l'aurai ce rendez-vous"», a-t-il affirmé à «L'Equipe» le 20 octobre 2007.

Toujours poursuivi pour favoritisme

Le classement sans suite de cette enquête préliminaire intervient alors qu'une information judiciaire susceptible de viser le secrétaire d'Etat pour «favoritisme» dans la même affaire reste en suspens.

La doyenne des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Paris avait en effet décidé, le 26 octobre 2007, d'instruire une plainte contre X avec constitution de partie civile des même plaignants. Cette action, où apparaît le nom de Bernard Laporte, vise des faits de «favoritisme».

Le parquet de Paris s'y était opposé estimant que le délit n'était pas constitué. Il revient donc à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris de trancher.