«Tout ça... pour ça !», le remaniement déçoit les médias mais satisfait la majorité

GOUVERNEMENT PHILIPPE Une semaine de suspense pour un « remaniement a minima » annoncé par un simple communiqué selon la presse…

N.Se avec AFP

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Le Premier ministre Edouard Philippe aux côtés de Christophe Castaner, délégué général du parti présidentiel, maintenu à son poste de secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement lors du remaniement du 24 novembre 2017.
Le Premier ministre Edouard Philippe aux côtés de Christophe Castaner, délégué général du parti présidentiel, maintenu à son poste de secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement lors du remaniement du 24 novembre 2017. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Pas de révolution au gouvernement ! Le remaniement du gouvernement Philippe, annoncé depuis plusieurs jours, a été finalement dévoilé vendredi. Si les réactions ont plutôt été positives côté politique, pour la presse, il s'agit d'un remaniement a minima qui s'apparente plutôt à un réajustement après pourtant une longue attente.

Les politiques approuvent majoritairement 

Les réactions sont venues principalement du côté de la majorité et se sont montrées sans surprise très positives.
Manuel Valls, député apparenté LREM et ancien Premier ministre approuve le virage à gauche : «Je salue l'entrée de mon ami Olivier Dussopt au gouvernement. Il a l'expérience du terrain, le sens de l'Etat et il veut la réussite de la France. Il fait le bon choix» 

Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics se réjouit lui aussi de la nomination de son nouveau secrétaire d'Etat en charge de la Fonction publique : «Sincères félicitations à Olivier Dussopt. Heureux de l'accueillir à mes côtés dès demain pour travailler ensemble, il y a tant à faire !» 

De son côté, Aurore Bergé, porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée nationale, souligne la continuité du choix gouvernemental : «Un gouvernement fidèle à son ADN : resserré, équilibré, paritaire, ancré dans la société civile» 

Seul le maintien de Christophe Castaner à son poste de secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, alors qu'il est devenu délégué général du parti présidentiel ce mois-ci, fait grincer quelques dents dans l'opposition, notamment celles de Pierre-Henri Dumont, député LR : «Le maintien de Christophe Castaner au gouvernement, chargé des Relations avec le Parlement, est un scandale démocratique. C'est le symbole ultime de la caporalisation du Parlement.» 

La presse déçue par si peu de bouleversements

«Tout ça pour... ça», ironise Le Parisien, en pages intérieures. «Attendu en début de semaine, ce n'est finalement qu'hier soir à 19h que le mini-remaniement a été annoncé. Un porte-parole, deux secrétaires d'Etat... rien de franchement révolutionnaire», s'agace le quotidien qui enfonce le clou, «et pourtant le suspense aura duré toute la semaine.»

«C'est ce qu'on appelle prendre le temps de la réflexion», explique Marcelo Wesfreid, dans Le Figaro qui relève «un remaniement ministériel a minima». Mais il aurait pu «en être tout à fait différemment. Le président a en effet hésité à amplifier le mouvement des nominations», assure le journaliste du quotidien conservateur, qui veut voir dans cette hésitation «une évolution palpable. Emmanuel Macron ne semble plus aussi attaché qu'avant à l'idée d'un gouvernement "resserré".»

«Sans cesse annoncé, sans cesse remis au lendemain, le troisième remaniement de l'ère Macron aura mis une semaine à se concrétiser pour tomber vendredi soir via un communiqué», s'étonne également dans Libération Dominique Albertini. Pour ce dernier, désormais le gouvernement est «largement composé d'experts et de novices» et «pas tous préparés à produire une défense tous azimuts de l'exécutif», prévient-il.

«Une techno, un socialiste et un fidèle de la première heure, le remaniement annoncé depuis le début de la semaine a livré un casting représentatif de la méthode Macron», constate sobrement Le Monde, sur son site.

Denis Daumin, de la Nouvelle République du Centre-Ouest, avoue qu'il «n'attendait plus le remaniement, promis dix fois puis repoussé.» «Comment l'Élysée a fait son marché ? Rien de bouleversant. Un ajustement, une retouche, un rééquilibrage. A gauche surtout», note l'éditorialiste. Un avis partagé dans l'Est Républicain, par Philippe Marcacci pour qui ce n'est «pas vraiment un remaniement. Plutôt un ajustement.»