Congrès des maires de France: Comment Emmanuel Macron entend calmer la gronde

POLITIQUE Les élus locaux sont en colère contre les annonces de l'exécutif et notamment la baisse des dotations...

Thibaut Le Gal

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Le président de la République Emmanuel Macron, le 13 avril 2017 à Paris
Le président de la République Emmanuel Macron, le 13 avril 2017 à Paris — Virginia Mayo/AP/SIPA
  • Le congrès des maires de France s'ouvre ce mardi à Paris.
  • Les élus locaux attendent des gestes du gouvernement pour compenser notamment la suppression de la taxe d'habitation.
  • Emmanuel Macron pourrait faire des annonces jeudi, lors de son discours en clôture du congrès.

Un anniversaire qui sent la poudre. Le 100e congrès des maires de France s’ouvre ce mardi sous tension. Les élus locaux sont remontés depuis l’été contre les projets budgétaires du gouvernement. « L’effort demandé n’est pas tenable, l’Etat doit l’entendre », a résumé François Baroin,. «Le congrès doit clarifier les intentions de l’Etat », a ajouté le président LR de l’Association des maires de France (AMF). Cela tombe bien, Emmanuel Macron clôturera le congrès jeudi et pourrait lâcher du lest.

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« On a l’impression de passer deux fois à la caisse »

« Le discours de la méthode de l’exécutif était au départ assez séduisant avec notamment l’annonce d’une conférence nationale des territoires, mais il a été contredit par les faits. Avec l’annonce du gel des dotations de 300 millions d’euros, une politique de logement anxiogène, la réduction des emplois aidés… », énumère Olivier Dussopt, député de l’Ardèche et président de l’Association des petites villes de France.

Autres points de friction, l’exonération de 80 % des foyers de la taxe d’habitation, qui constitue une recette importante des communes ou encore l’objectif de 13 milliards d’euros d’économie imposé aux collectivités sur le quinquennat. « Il y a un sentiment d’injustice chez les maires, car ces trois dernières années, les collectivités qui pèsent 20 % de dépenses publiques ont déjà réalisé 50 % des économies totales. On a l’impression de passer deux fois à la caisse », poursuit Olivier Dussopt.

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« Le président souhaite faire de la pédagogie sur l’action menée envers les collectivités »

Depuis quelques semaines, la tension est un peu retombée. Car l’exécutif a tenu à envoyer des signes en direction des collectivités : 100 millions d’euros débloqués pour aider les départements à financer le RSA, un « plan de mobilisation générale » pour les quartiers en difficultés annoncé pour février.

« Je ne sais pas si on peut parler de colère des maires. Mais il est certain que le président souhaite faire de la pédagogie sur l’action menée envers les collectivités. Un certain nombre de sujets a été mal compris ou mal perçu, comme la compensation de la suppression de la taxe d’habitation ou la dotation globale de fonctionnement (DGF), qui ne baissera pas en 2018, une première depuis dix ans », explique-t-on à l’Elysée.

Pour convaincre les élus, l’exécutif a mis les petits plats dans les grands : pas moins de quatorze ministres ont prévu de s’exprimer au congrès de l’AMF. Edouard Philippe, qui a écrit il y a quelques semaines aux 35.000 maires de France, prendra la parole ce mardi.

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Des annonces prévues jeudi

Emmanuel Macron va tenter de déminer le terrain en invitant 1.500 élus à l’Elysée mercredi. Car jeudi, l’accueil pourrait être houleux. « Cela dépend de ce que le président dira mais Emmanuel Macron ne peut pas venir devant les maires les mains vides », répond Olivier Dussopt, qui a rencontré Edouard Philippe ce lundi. Des annonces sont-elles prévues ? « Je ne pourrais rien vous dire de nos échanges… Mais il y a des marges possibles sur le transfert des compétences eau et assainissement aux intercommunalités, la contractualisation avec les collectivités ou sur le logement ».

A l’Elysée, on reste très flou : « Sur le logement, il n’y a pas de changement. En revanche des annonces sont prévues ». Pour les connaître, les élus devront patienter jusqu’à jeudi.