Devant ses militants, François Fillon «se retire sans chercher d'excuses»

AU REVOIR Le candidat malheureux à la présidentielle a passé le relais de son micro-parti à Bruno Retailleau…

20 Minutes avec AFP

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François Fillon, le 25 novembre 2016. AFP PHOTO / JOEL SAGET
François Fillon, le 25 novembre 2016. AFP PHOTO / JOEL SAGET — AFP

Il tire sa révérence. François Fillon, candidat malheureux à la présidentielle, a estimé que « dans la défaite, le chef se retire sans chercher d’excuses », lors d’une intervention ce dimanche devant les militants de son micro-parti, Force républicaine, dont il a cédé la présidence à Bruno Retailleau.

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« Je ne suis pas là pour régler des comptes ou remettre quelques pendules à l’heure… Je n’en ai ni le cœur, ni d’ailleurs le droit », a expliqué l’ancien Premier ministre devant quelque 500 partisans. « Dans la défaite, le chef se retire sans chercher d’excuses, et sans donner de leçons. C’est la règle que je me suis fixée », a-t-il poursuivi.

« Ce que nous avons fait ensemble n’est pas vain »

François Fillon avait choisi la convention de son micro-parti, Force républicaine, pour s’exprimer pour la première fois depuis sa défaite dès le premier tour de la présidentielle. Il avait indiqué dès samedi avoir « décidé de tourner la page de la politique ». L’intervention de l’ex-candidat LR n’était pas ouverte à la presse, mais son discours a été rendu public. « Ce que nous avons fait ensemble n’est pas vain. Pas de regrets, pas de soupirs, vous allez vous réinventer, vous redresser, vous allez écrire une nouvelle page », a insisté Fillon, longuement applaudi par ses troupes.

Décrit comme « ému » par plusieurs participants, l’ancien Premier ministre, mis en examen dans l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs de sa femme et de ses enfants, a reconnu que « la politique peut vous détruire », après avoir « dévoré cette vie qui, en réalité, n’en est pas vraiment une ». François Fillon, 63 ans, qui a rejoint le privé en tant qu’associé d’une société de gestion d’actifs et d’investissement, a par ailleurs indiqué préparer les statuts d’une fondation « au secours des minorités, dont les chrétiens d’Orient ».

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Son successeur à la tête de Force républicaine, Bruno Retailleau, a estimé qu'« en tournant la page, François Fillon nous permet un nouveau recommencement ». « Je voudrais saluer François Fillon et lui montrer notre attachement, notre affection », a-t-il encore ajouté, en se faisant largement applaudir par une salle en partie debout.

Force républicaine n’a pas pris parti pour l’élection du président de LR, mais son nouveau patron a appelé à « renouveler complètement le corpus idéologique de [sa] famille politique », en exhortant à « ne pas être une association d’anciens combattants ».