LREM: Les 5 chantiers qui attendent Castaner à la tête du parti macroniste

MISSION Fraîchement élu délégué général de LREM ce samedi à Lyon, «Casta» a ébauché ses cinq principaux objectifs...

Laure Cometti

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Christophe Castaner, le 18 novembre 2017 à Lyon.
Christophe Castaner, le 18 novembre 2017 à Lyon. — KONRAD K./SIPA
  • Christophe Castaner a été élu délégué général de La République en marche ce samedi.
  • Son mandat de trois ans s’annonce chargé.
  • Au programme, plusieurs chantiers : améliorer le fonctionnement du parti, stimuler des initiatives citoyennes locales et préparer les élections municipales de 2020.

Son élection à la tête de La République en marche était presque une formalité. Christophe Castaner se retrouve délégué général d’un mouvement en pleine évolution et en proie à quelques doutes. Après les campagnes présidentielle et législative menées tambour battant, les premières divergences ont éclaté publiquement lorsque certains marcheurs ont reproché au mouvement son manque de démocratie dans le fonctionnement du mouvement. C’est l’un des 5 chantiers que « Casta » va devoir diriger.

1. Incarner le parti et le redynamiser 

Premier constat, depuis qu’Emmanuel Macron s’est installé à l’Elysée, son mouvement n’avait plus de dirigeant. A Christophe Castaner de l’incarner désormais.

« Il y a une espèce de baby blues chez En marche, constate le député du Val-de-Marne Frédéric Descrozaille. Il va falloir lui redonner des perspectives, d’autant que le programme présidentiel pourrait être adopté en 15, 18 mois. Le mouvement ne peut plus être le même que pendant la présidentielle, il doit changer. »

« Casta » a déjà fait quelques piqûres d’optimisme et de bienveillance aux marcheurs ce samedi pour tourner la page du « baby blues », ponctuant son discours d’une tirade d’autocongratulation collective.

2. Garantir la « bonne ambi »

Christophe Castaner a listé la « bienveillance » parmi les valeurs de LREM. « Tous ceux qui avaient déjà milité dans un parti ont pu le mesurer au sein de nos comités : il y a dans La République En Marche une ambiance différente. Parce que nous respectons chacun, et que tous ont voix au chapitre », a-t-il assuré. Ces dernières semaines, la belle unité des marcheurs s’est néanmoins un peu fissurée, certains adhérents et animateurs locaux reprochant à la direction d’être trop parisienne et politique.

Pour apaiser ces tensions, le nouveau patron s’est montré ouvert. « Je sais que certains de nos adhérents se sont posés et se posent encore des questions. Des questions sur le fonctionnement de notre mouvement et de nos instances (…) Ces sujets ne sont pas tabous, et tout ce qui doit être amélioré le sera, démocratiquement », a-t-il promis.

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3. Se concentrer sur l’échelle locale et les citoyens 

Pour continuer à « faire de la politique autrement », le parti mise sur la mobilisation citoyenne. Il teste actuellement un dispositif spécial dans six départements, avant de le déployer dans « tous les territoires ». Avec un MOOC (un cours en ligne) « Agir près de chez soi », qui sera lancé lundi, et des « facilitateurs locaux » (pour l’instant en CDD), LREM ambitionne d’être un « déclencheur, un catalyseur et un accélérateur » de l’engagement citoyen. Qu’il s’agisse de ramasser des déchets sur la voie publique, de former des seniors à l’informatique ou d’aider des collégiens à trouver des stages en entreprise, « c’est une autre façon de faire de la politique », résume Frédéric Frédéric Descrozaille.

« Nous devons poursuivre notre ancrage, créer des comités locaux partout où il n’y en a pas, rencontrer de nouveaux adhérents, choisir nos futurs candidats, travailler sur nos projets », a insisté Christophe Castaner dans son discours de clôture du Conseil national de LREM. Il a promis qu’une « part substantielle » des subventions publiques obtenues grâce aux résultats aux législatives sera consacrée à ces actions de terrain.

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4. Préparer les prochaines élections (surtout les municipales)

En plus de rester en prise avec l’échelle locale, cette stratégie vise à préparer les prochaines échéances électorales, les européennes en 2019 mais surtout les municipales en 2020. « Ne nous trompons pas : les européennes, les municipales, les départementales, les régionales n’ont peut-être lieu que dans quelques années, mais elles peuvent se gagner ou se perdre dès aujourd’hui. Alors préparons-les dès aujourd’hui », a ainsi lancé le nouveau chef du parti.

5. Faire émerger un corpus idéologique et des idées nouvelles

C’est peut-être la tâche la plus complexe pour le parti qui rejette les clivages gauche-droite mais qui manque d’un tronc commun. Edouard Philippe a également encouragé les marcheurs à proposer des idées nouvelles. « Les partis traditionnels meurent de n’avoir plus d’idées. Ne tombez jamais dans ce travers », a-t-il lancé. Pour l’éviter, Christophe Castaner a annoncé la création d'« un atelier des idées (…) pour continuer à penser les transformations et la société de demain ».