VIDEO. LREM: Malgré la «Castamania», les marcheurs sont divisés sur la double casquette de Castaner

REPORTAGE Le porte-parole du gouvernement et secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement est devenu délégué général du parti présidentiel ce samedi…

Laure Cometti

— 

Christophe Castaner, au Conseil de La République en marche réuni à Lyon le 18 novembre 2017.
Christophe Castaner, au Conseil de La République en marche réuni à Lyon le 18 novembre 2017. — KONRAD K./SIPA
  • A la réunion du Conseil national de La République en marche, ce samedi à Lyon, la «Castamania» était évidemment palpable.
  • Mais des marcheurs se montrent sceptiques quant à l'envie de Christophe Castaner de rester membre du gouvernement tout en dirigeant le parti présidentiel.

De notre envoyée spéciale à Lyon,

Une pluie d’éloges pour « Casta ». Christophe Castaner a vu sa liste pour le bureau exécutif être largement élue par le Conseil national de La République en marche (même si un tiers de ses membres ne s’est pas exprimé) réuni ce samedi à Lyon, quelques minutes après avoir été adoubé comme nouveau délégué général du parti présidentiel. Tout un aréopage de ministres et secrétaires d’Etat est venu assister à la victoire annoncée du porte-parole du gouvernement, même ceux qui ne sont pas membres de LREM, comme Edouard Philippe, qui lui a dédié un discours dithyrambique. Dans cette débauche de « Castamania », les critiques des marcheurs sont rares. Elles peuvent être résumées en une expression : « double casquette ».

« Castaner, c’était une évidence »

Trouver des défauts au nouveau patron de LREM dans l’espace Confluences du centre lyonnais Eurexpo est une mission quasi-impossible. « Ce n’est pas un hasard s’il n’y avait pas d’autre candidat face à lui, c’était une forme d’évidence », affirme le député du Val-de-Marne Frédéric Descrozaille. Pourquoi ? La liste des qualités de « Casta » est longue selon les marcheurs, et ne s’arrête pas à son « accent tonique et joyeux » vanté par Edouard Philippe.

Il y a ceux qui louent ses qualités humaines. « Il a du charisme, il est placide, pas emporté. Il a du recul et il est lucide », estime Frédéric Descrozaille. « Il a un vrai pouvoir de séduction et un certain charme ». Le député apprécie aussi son « humour un peu pince-sans-rire », même s’il le trouve moins littéraire que celui du Premier ministre. Les adhérents y sont aussi sensibles, à l’instar de Catherine qui le trouve « fin, chaleureux et spontané ».

Un couteau suisse

Ses qualités de communicant semblent faire l’unanimité. « Il faut quelqu’un qui a la tchatche, qui a l’habitude des médias », souligne Abdel Benbrik, candidat malheureux au bureau exécutif, sur la liste 2.

La « castamania » s’explique aussi par le parcours de Christophe Castaner, l’un des premiers socialistes à rallier Emmanuel Macron à l’automne 2016. « C’était un pilier de la campagne présidentielle, sans doute l’un de nous qui a fait le plus de meetings », scande un Gérard Collomb en grande forme à la tribune. « Il a l’expérience de la création du mouvement. C’est titanesque, ce qui a été fait », abonde Frédéric Descrozaille. « On a vu son évolution, il a su s’adapter à chaque nouvelle mission qui lui a été confiée », loue la députée de l’Ain Olga Givernet.

« Il y connaît rien en foot »

Pour le député Sacha Houlié, qui a « une relation amicale, presque filiale » avec Christophe Castaner qu’il a côtoyé au PS à une autre époque, « il s’est rendu essentiel : c’est un sous-Premier ministre d’Edouard Philippe ». Dans ce flot de louanges, le cofondateur des Jeunes avec Macron accepte de nous livrer le seul défaut de « Casta » : « il n'y connaît rien en foot ».

Finalement, il se pourrait bien que le principal boulet de Christophe Castaner soit apparu ce samedi, avec son élection à la tête de LREM.

>> A lire aussi : Christophe Castaner n'exclut pas de rester ministre une fois patron du parti

La double casquette de Casta divise les marcheurs

S’il devrait probablement quitter les fonctions de porte-parole du gouvernement, celui qui « ne rêvait pas » de devenir le patron de LREM n’exclut pas de rester au gouvernement, à son poste de secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement. Et les marcheurs sont de plus en plus divisés sur cette double casquette, guère compatible avec l’ADN du mouvement d’Emmanuel Macron. « Le cumul de ces deux fonctions-là pose un problème », juge auprès de l’AFP Astrid Panosyan, membre de la direction transitoire du parti. « S’il se sent capable de faire des journées de 48 heures, tant mieux », ironise la députée LREM Barbara Pompili. « Peut-être faudrait-il qu’il prenne un autre portefeuille », tente un autre député de la majorité.

D’autres plaident pour que Christophe Castaner cumule les casquettes, comme le député LREM Gabriel Attal ou le sénateur LREM François Patriat, pour qui cela ne poserait « aucun problème ». « Sarkozy l’a fait », lâche-t-il à L’Obs. Une caution pas très « nouveau monde ».

Et puis il y a ceux qui ne veulent pas « s’en mêler », comme le président de l’Assemblée François de Rugy, ou le chef de file des députés LREM Richard Ferrand qui fait « une confiance absolue » à Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Christophe Castaner « pour trouver la meilleure solution ». Ce sujet, le seul à faire débat en interne en ce grand raout macroniste, devrait être bientôt tranché, le remaniement ministériel devant intervenir en début de semaine.