Présidence LR: Dans les Hauts-de-Seine, Laurent Wauquiez marche dans les pas de Nicolas Sarkozy

REPORTAGE Le candidat favori à la présidence du parti Les Républicains était en réunion publique à Asnières dans les Hauts-de-Seine ce mercredi soir, fief de Nicolas Sarkozy…

Anne-Laëtitia Béraud

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Laurent Wauquiez, président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes, le 3 septembre 2017 au Mont Mezec
Laurent Wauquiez, président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes, le 3 septembre 2017 au Mont Mezec — Alain ROBERT/SIPA
  • L’élection du président du parti Les Républicains aura lieu les 10 et 17 décembre.
  • Laurent Wauquiez semble favori dans la course aux votes.
  • Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes était en meeting à Asnières, dans les Hauts-de-Seine, le département fief de Nicolas Sarkozy.

Dans son tour de France pour conquérir la présidence du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez a fait une halte dans les Hauts-de-Seine ce mercredi soir. Un département qui est le  fief de Nicolas Sarkozy, ancien maire de Neuilly et président du conseil général. Si l’ancien président est absent à la réunion publique à l’espace Concorde d’Asnières, nombre de sarkozystes ont fait le déplacement en plus de 300 militants franciliens, tel le couple Balkany de Levallois-Perret, Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine ou encore Manuel Aeschlimann, maire d’Asnières.

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« C’est ici la terre de Nicolas Sarkozy. C’est dans cette salle que Nicolas Sarkozy a lancé sa conquête [pour l’Elysée] », lance Philippe Juvin, maire de La Garenne-Colombes et député européen. Le décor est planté, le président de la région Auvergne Rhône-Alpes peut commencer son discours : « Venir faire un discours dans les Hauts-de-Seine, c’est par n’importe où. (…) Une fédération qui fut le fief de tant de personnalités (…) qui a porté la voix avec un accent légèrement teinté du sud de Charles Pasqua, celle qui a porté et toujours accompagné Nicolas Sarkozy ».

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Un nom que le candidat rappelle quelques minutes plus tard pour lister ses références en politique : « C’est au nom d’une certaine idée de la France que des personnalités comme André Malraux, Jacques Chirac, Charles Pasqua, Philippe Séguin et Nicolas Sarkozy ont toujours repris le drapeau de notre famille politique quand il était à terre », évoque Laurent Wauquiez.

Le 92, fief de la droite et de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, ancien vainqueur de l’Elysée en 2007, inspire visiblement Laurent Wauquiez. La volonté de reconquérir un électorat d’extrême droite, le style ou la prose sur les « censeurs » ou la revendication d’être la voix « de la majorité silencieuse ». « Je ne lâcherai rien, je ne me renierai pas, ils ne me dicteront pas ce que nous avons le droit de penser et de ce que nous n’avons plus le droit de dire dans notre pays. Je veux que vous compreniez ce qu’est ma détermination », lance Laurent Wauquiez, répétant presque mot à mot les discours de Nicolas Sarkozy lors de la primaire à droite en 2016.

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Laurence Sailliet, membre du bureau politique de LR qui avait tenté d’être candidate avant de se rallier à Laurent Wauquiez, retrouve en son champion un petit air de Nicolas Sarkozy. « Le dynamisme, l’énergie, et son parler franc ressemblent à Nicolas Sarkozy. Je retrouve un peu la primaire [de 2016] de Nicolas Sarkozy en termes de positionnement sur l’échiquier politique de Laurent Wauquiez. Economie, identité, sécurité, ce ne sont pas des sujets tabous. Et si on ne le fait pas, les gens iront chercher des réponses ailleurs. »

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Alors que les détracteurs de Laurent Wauquiez déplorent un discours radicalisé et une droitisation du parti, - des critiques déjà adressées à Nicolas Sarkozy -, Roger Karoutchi nuance : « On est dans l’élection du parti. Forcément, il faut faire plaisir aux adhérents qui votent, qui sont inquiets », explique le sénateur. « Le discours est serré pour les militants, puis, forcément, on rassemble ensuite. ». L’ancien ministre prévoit des nuances à venir dans les accents du candidat Laurent Wauquiez : « Au tout début, j’ai dit à Laurent [Wauquiez], comme je l’avais dit à Nicolas [Sarkozy] que j’avais des hésitations (…) Aujourd’hui on ne voit pas ça forcément, mais dans les deux trois ans qui viennent, vous aurez un Laurent Wauquiez dans les habits. Il sera calibré pour se présenter s’il le souhaite à la présidentielle de 2022 ».

« La proximité la plus évidente serait Nicolas Sarkozy »

Dans les rangs des militants, on évoque une « proximité », voir une « filiation » avec l’ancien président. « Oui, Laurent Wauquiez est peut-être l’héritier de Nicolas Sarkozy, mais aussi l’héritier d’une droite unitaire, libérale, sociale, humaniste », commente Jean-François Cys, de Vert, une commune des Yvelines.

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Selon Georges, retraité, « il y a une filiation, des proximités. La proximité la plus évidente serait Nicolas Sarkozy. Il y a la détermination, la volonté de mettre en œuvre des idées fortes. » Quant aux « paroles claires » revendiquées par Laurent Wauquiez pour parler immigration et sécurité, ce retraité estime : « Nicolas Sarkozy émet quelques réserves sur certaines positions marquées de Laurent Wauquiez, mais c’est parce qu’il est dans une phase d’affirmation de lui-même dans cette élection. »

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Pour incarner le premier opposant face à l’exécutif, le probable futur patron de la droite a encore du travail. Selon le baromètre politique de Viavoice-Libération publié lundi, aucune personnalité ne s’impose pour incarner l’opposition face à Emmanuel Macron qui recueille 40 % d’opinion positive. Alain Juppé reste la personnalité politique préférée de l’opposition (47 %), quand Laurent Wauquiez recueille 17 % de bonnes opinions (-3 points par rapport à septembre).