Passe d'armes entre Fillon et Fabius sur la rigueur

POLITIQUE Le Premier ministre nie qu'un plan d'austérité soit en préparation…

A.S

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Le Premier ministre François Fillon a affirmé mardi sur Europe 1 qu'il n'y aurait "pas de plan de rigueur" après les élections municipales.
Le Premier ministre François Fillon a affirmé mardi sur Europe 1 qu'il n'y aurait "pas de plan de rigueur" après les élections municipales. — Jean-Francois Monier AFP/Archives

A quelques jours du premier tour des municipales, l'heure est aux grandes manœuvres politiques. L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a ainsi affirmé dimanche que la France s'est engagée auprès de ses partenaires européens à prendre, après les municipales, des mesures pour «combler les trous» budgétaires, qui entraîneront des augmentations d'impôts.
 
Des propos qui ne sont pas sans rappeler ceux du même homme, en juin 2007, qui avait fustigé dans l'entre-deux tours des législatives, la «TVA antisociale» qui vise à «financer les avantages fiscaux de quelques-uns par une ponction sur l'ensemble de la population».
 
«Je pense que ce gouvernement, puisqu'il a fait beaucoup de promesses fiscales notamment (...) qui vont profiter aux plus privilégiés, a besoin de trouver des ressources nouvelles pour les financer. Ces ressources nouvelles manifestement seront trouvées par un impôt, c'est-à-dire l'augmentation de la taxe sur la consommation touchant les catégories moyennes et modestes», avait-il attaqué. Un argument qui, de l'avis de nombreux observateurs, avait rendu la victoire de l'UMP moins large que prévue au second tour.
 
«Il n'y aura pas de plan de rigueur»
 
C'est pour éviter un scénario bis repetita que le Premier ministre François Fillon est monté au créneau mardi, en affirmant sur Europe 1 qu'il n'y aurait «pas de plan de rigueur» après les élections municipales. «Il y a un budget 2008 qui a été voté par le Parlement, il sera mis en œuvre», a-t-il précisé.
 
«Naturellement, en fonction de la croissance et des rentrées fiscales, comme tout gouvernement, on fait des ajustements sur les dépenses. Ca n'a rien à voir avec un plan de rigueur.» Ce que dit Laurent Fabius «est faux, ce n'est d'ailleurs pas digne d'un homme d'Etat de mentir avec cette constance-là». Preuve que le Premier ministre n'a pas oublié du tout.

Et vous, craignez-vous un retour de la rigueur?