Présidence des Républicains: Micmac autour d’un débat entre les candidats

CAMPAGNE Les trois concurrents à la présidence du parti Les Républicains s’opposent depuis des jours sur les conditions de la tenue d’un débat…

Anne-Laëtitia Béraud

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Collage 20 Minutes/Sipa de Laurent Wauquiez, Florence Portelli et Maël de Calan, candidats à la présidence du parti Les Républicains
Collage 20 Minutes/Sipa de Laurent Wauquiez, Florence Portelli et Maël de Calan, candidats à la présidence du parti Les Républicains — Collage 20 Minutes/Sipa

A un mois de l’élection pour la présidence du parti Les Républicains, la question d’un débat réunissant les trois candidats Laurent Wauquiez, la filloniste Florence Portelli et le juppéiste Maël de Calan, reste en suspens.

Entre propositions et contre-propositions à fleurets mouchetés, le vernis de la bonne entente entre les concurrents craquelle. Laurent Wauquiez, donné gagnant dès le premier tour à une écrasante majorité (78 %), reste le favori de ce scrutin interne, selon le dernier sondage Odoxa du 13 octobre.

Propositions, contre-propositions et confusions

Acte 1. Florence Portelli puis Maël de Calan réclament mi-octobre une retransmission télévisée d’un débat entre les candidats, à l’image de ceux de la primaire à droite de 2016. La proposition est repoussée fin octobre par Laurent Wauquiez, ce dernier refusant de retomber dans « l’errance de ces débats qui divisent, qu’on a eu pendant la primaire ». Tant Florence Portelli que Maël de Calan protestent devant ce refus. La maire de Taverny estime que Laurent Wauquiez manque de courage, quand le conseiller départemental du Finistère juge auprès de 20 Minutes : «  C’est le prétexte facile de tous ceux qui ne veulent pas débattre, car on peut avoir un débat d’idées tout à fait digne, et pas une querelle de personnes, à l’image des débats lors de la primaire ».

Acte 2. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes lance fin octobre une contre-proposition. Il souhaite un « débat militant ouvert à la presse » plutôt que dans un studio télé.

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Acte 3. La proposition est acceptée par Maël de Calan ce mercredi, mais sous conditions. Le débat devrait être organisé par la Haute autorité, au cours duquel les participants pourraient « répondre à un panel d’adhérents (…) sur différents thèmes cadrés en amont (stratégie du parti, organisation des Républicains, positionnement sur l’ensemble des enjeux politiques) ». Ce débat « se tiendrait dans la dernière semaine du mois de novembre, ou dans la première semaine du mois de décembre » et serait « retransmis sur les réseaux sociaux et ouvert à la presse ».

Acte 4. Florence Portelli qualifie ce même jour de « ridicule » le refus de Laurent Wauquiez de débattre à la télévision. Lors d’une réunion à Saint-Maur (Val-de-Marne), elle déclare : « Je ne pensais même pas que le débat ferait débat. Etre au XXIe siècle, pas en Corée du nord mais en France, dans un pays qui se prétend démocratique en Occident, et avoir peur de montrer à la France ce qu’est la droite, mince, les bras m’en tombent », tranche-t-elle.

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La candidate lance une autre contre-proposition : « un débat devant un panel de militants représentatifs de chacun des candidats », « ouvert à la presse », « animé par des journalistes eux-mêmes sélectionnés à l’unanimité des candidats selon leur professionnalisme, leur expérience des débats politiques et leur impartialité. »

Acte 5. Un débat… ou pas. Alors que le scrutin est fixé au 10 décembre, et faute d’accord entre les équipes sur les modalités d’un débat, la tenue de celui-ci devient chaque jour plus incertain. Ce que déplore et refuse l’équipe de Maël de Calan : « on a l’impression que l’équipe de Laurent Wauquiez veut gagner du temps et ne pas avancer. Mais s’ils ne veulent pas de débat, qu’ils le disent haut et fort », tranche-t-on ce vendredi. Les contacts entre les équipes seraient aujourd’hui infructueux pour parvenir à une solution médiane. « On a des contacts avec leur équipe mais pas de réponses », souligne-t-on.

« C’est évident que l’équipe de Laurent Wauquiez ne veut pas de débat. Ils font tout pour gagner du temps et jouer la montre », déclare Pierre Liscia, porte-parole de Florence Portelli. « Tout est dans les mains de Laurent Wauquiez. Mais aujourd’hui, contrairement à Maël de Calan qui est prêt à accepter n’importe quelle condition car il est en mal de notoriété, nous ne sommes pas prêts à tout accepter. Nous souhaitons que ce débat soit animé par des journalistes, des professionnels qui ont une neutralité et une indépendance », ajoute l’élu.

Un débat et une tribune

Pourquoi Florence Portelli et Maël de Calan tiennent-ils tant à ce débat télévisé ? Leur notoriété grandirait après un débat télévisé rassemblant, éventuellement, plusieurs millions de téléspectateurs. Jeudi soir, l’ancienne porte-parole de François Fillon à la présidentielle a justifié cet exercice du débat télé en expliquant qu’il avait profité à son candidat lors de la primaire de 2016, alors que personne ne le pronostiquait vainqueur. « S’il n’y avait pas eu lieu les débats à la télé, François Fillon n’aurait probablement pas été notre candidat, ou dans tous les cas, ce programme n’aurait pas été choisi, parce qu’on avait essayé d’imposer d’un match joué d’avance », a déclaré Florence Portelli lors d’une réunion publique.

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Cette reconnaissance permettrait aussi à ces candidats de revendiquer, après l’élection du président, une place dans le parti. Comme le confiait Maël de Calan, « si Laurent Wauquiez gagne, notre objectif sera de chercher à peser sur la ligne politique des Républicains ». Le candidat souhaite ainsi « structurer, avec d’autres, le courant européen et libéral au sein de LR (…) En décembre, on va voir combien on pèse, et ce sera une base de départ pour être ensuite plus nombreux », a-t-il confié à 20 Minutes.