Présidence des Républicains: A Saint-Maur, Florence Portelli veut incarner la voix des militants face «aux écuries»

REPORTAGE Florence Portelli était ce jeudi soir à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) pour promouvoir sa candidature à la présidence des Républicains…

Anne-Laëtitia Béraud

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Florence Portelli, candidate à la présidence du parti Les Républicains, maire LR de Taverny, le 2 septembre 2017 à Nantes
Florence Portelli, candidate à la présidence du parti Les Républicains, maire LR de Taverny, le 2 septembre 2017 à Nantes — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

Se qualifiant de « candidate des militants et pas des chapeaux à plume », Florence Portelli était ce jeudi soir à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) pour promouvoir sa candidature à la présidence du parti Les Républicains.

Dans ce scrutin des 10 et 17 décembre 2017, la maire de Taverny (Val-d’Oise) et conseillère régionale d’Ile-de-France se présente face à Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui fait figure de favori, et le juppéiste Maël de Calan, conseiller départemental du Finistère.

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Dans la salle des fêtes de la mairie, devant quelque 80 personnes, la candidate déroule son programme. Souhaitant être la porte-voix des élus locaux et des militants, Florence Portelli souhaite « donner un coup de balai dans le parti, dont le bureau politique est un bureau d’écuries ». Elle souhaite aussi « un parti plus démocratique » car « la méritocratie on la pratique partout, sauf chez nous ».

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La candidate promet aussi « incarner une gouvernance honnête, morale et éthique ». Et d’embrayer sur les anciens collègues devenus « constructifs » : « Les députés constructifs ont reçu 6.000 euros du parti (…) et ce n’est pas acceptable, moral ou éthique. Présidente du parti, je leur demanderai de rendre le pognon », tranche-t-elle, suscitant quelques applaudissements de la salle.

« Le boulot d’un chef n’est pas de montrer les muscles »

Si les mentors de la candidate s’appellent Philippe Séguin et François Fillon, dont elle a été la porte-parole pour la présidentielle, on retrouve en Florence Portelli du Nicolas Sarkozy de 2007 ou du Jean-François Copé de 2012. Ton batailleur, la candidate balance des petites phrases qui claquent et dresse l’opposition entre la base et l’élite. Sur le modèle de Jean-François Copé lançant à son rival Fillon en septembre 2012 : « moi, je fais campagne auprès des militants, pas des barons », Florence Portelli soutient les militants face au « mépris » du pinacle.

La maire de Taverny s’attarde sur les élus locaux, et professe que « la résistance [à la politique d’Emmanuel Macron] se fera au niveau des maires (…) Que les élus qui n’aient pas peur de montrer leur mécontentement ! ». Un discours qui suscite les commentaires réjouis de Sylvain Barrios, le maire de Saint-Maur qui l’accueille ce soir, Christian Cambon, sénateur du Val-de-Marne, ou encore de Jean-Daniel Amsler, premier adjoint au maire de Sucy-en-Brie.

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Florence Portelli manie aussi le sous-texte, ce contenu qui n’est pas énoncé explicitement mais que le destinataire reçoit 5 sur 5. Visant sans le nommer Laurent Wauquiez, Florence Portelli avance : « Je suis une femme et ce sera compliqué de montrer les muscles. (..) Mais je n’ai pas besoin de faire des bonds de cabri en disant : "vive la droite forte" pour vous assurer que je suis loyale (…) Le boulot d’un chef n’est pas de montrer les muscles mais de tenir solidement le gouvernail en cas de tempête ».

« Les militants ne doivent plus servir de marchepied pour des ambitions »

Florence Portelli raille l’ambition de son rival supposément focalisé sur la présidentielle de 2022. « Je ne rêve pas d’être présidente de la République, une perspective de vie absolument cauchemardesque », dit celle qui flatte la base militante des Républicains. « Les militants ne doivent plus servir de marchepied ou de tapis pour des ambitions (…) [La présidentielle] n’est pas l’objet de l’élection d’aujourd’hui », juge Florence Portelli.

Dans la salle, les réactions sont mitigées. Si Quentin Kermen, de Saint-Maur, « Florence Portelli peut concurrencer le leadership de Laurent Wauquiez », Eustache Frémor, militant à Bonneuil-sur-Marne, estime que non, car « Laurent Wauquiez a la majorité ».

Un propos appuyé par Jocelyne Veschambre, de Saint-Maur, qui estime que la candidate « est très bien, mais je pense que [le vainqueur] sera Laurent Wauquiez qui est plus haut dans les sondages ».

« Cette femme a des qualités. Elle a un discours qui paraît naïf mais qui je pense n’est pas si naïf. Elle représente une féminité nécessaire dans un parti qui est très masculin », avance Danielle, une quadragénaire de Saint-Maur.

Marie, retraitée à Saint-Maur, confie que si Florence Portelli n’a pas de grande chance de percer car elle a déjà « un candidat de cœur », elle gratifie la candidate d’être restée « fidèle aux convictions ». « Elle aurait pu changer d’idées et jouer la facilité en partant avec les constructifs, mais elle est restée. Elle a du courage », juge-t-elle. Seul Vincent Bauquet, résident de l’Oise, affirme ce jeudi soir que Florence Portelli aura son bulletin de vote.