Nucléaire: Nicolas Hulot reporte l’objectif de baisse de 50 % prévu pour 2025

VOLTE FACE Le ministre de la Transition écologique et solidaire fait machine arrière sur cet engagement de la loi de transition énergétique…

D. D. avec AFP

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Nicolas Hulot à l'Assemblée nationale le 10 octobre 2017.
Nicolas Hulot à l'Assemblée nationale le 10 octobre 2017. — B.Guay/AFP

C’est la douche froide pour les écologistes. Nicolas Hulot a estimé ce mardi que la France ne pourrait pas ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % en 2025 comme prévu dans la loi de transition énergétique, évoquant la nécessité de fixer une « date réaliste ». Le gouvernement va « travailler » sur « l'échéance de 2030 à 2035 » pour ramener la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50%, a ensuite confié le ministre ce mardi soir sur Public Sénat.

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« Il sera difficile de tenir ce calendrier de 2025 sauf à relancer la production d’électricité à base d’énergies fossiles », avait d'abord déclaré le ministre de la Transition écologique et solidaire à l’issue du Conseil des ministres. « Le gouvernement a réaffirmé très clairement son souhait d’atteindre au plus vite l’objectif de 50 % de la part du nucléaire mais évidemment sans sacrifier ou rogner nos objectifs sur le changement climatique », a-t-il poursuivi.

Maintenir l’objectif de 2025 amènerait à utiliser d’avantage les centrales à charbon

La loi de 2015 sur la transition énergétique prévoit de ramener de 75 % à 50 % d’ici à 2025 la part de l’atome dans la production d’électricité française, un objectif qui avait été fixé après des mois d’âpres débats au Parlement.

« Si l’on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique, le nucléaire à 50 %, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques. Et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon et probablement que si l’on voulait s’acharner sur cette date, il faudrait même rouvrir d’autres centrales thermiques », a souligné Nicolas Hulot.

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Le ministre a expliqué qu’il préférait prendre le temps pour trouver une « date réaliste » pour que le nucléaire descende à 50 %. Pour l’instant, seule la fermeture des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) a été actée.