Rennes: Taclé pour ses photos de tags, le député LREM dément toute mauvaise intention

POLEMIQUE L’élu a publié une soixantaine de photos de messages écrits sur les murs…

C.A.
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Quelques-unes des photos de tags publiées par le député Mustapha Laabid sur son compte Facebook.
Quelques-unes des photos de tags publiées par le député Mustapha Laabid sur son compte Facebook. — Facebook
  • Le député rennais Mustapha Laabid a publié des photos de tags sur Facebook.
  • L'un d'entre eux intitulé «Va niquer ta maire», a suscité l'indignation d'élus locaux.
  • Le député se défend de toute mauvaise intention.

« Nos murs parlent. » C’est avec ce court message que Mustapha Laabid a commencé la publication d’une soixantaine de photos de tags, dimanche sur son compte Facebook. La démarche du député La République en marche a fait bondir plusieurs élus et responsables politiquesrennais, qui y ont tantôt vu une incitation à la haine, tantôt une invitation à la dégradation de l’espace public.

Le député rennais, ovationné par l’Assemblée nationale le mois dernier pour son intervention sur les violences faites aux femmes, a été critiqué pour la publication de messages comme « Va niquer ta maire ». « Sexiste et injurieux » pour le conseiller municipal Cyrille Morel, qui y voit une attaque à la maire de Rennes Nathalie Appéré. « Cette photo n’a pas été prise à Rennes. Je ne porte aucune insulte à la maire », se défend Mustapha Laabid.

« Montrer la place de la contestation urbaine »

« Du couscous à Noël ». « Ne perds pas ta vie à la gagner ». « Je vous salis ma rue ». Au-delà de ces messages, c’est avant tout l’intention du député qui interroge. Qu’a-t-il voulu dire en publiant ces 60 photos sur sa page Facebook ? « Je ne suis pas un défenseur des tags, au contraire. J’ai simplement voulu montrer la place de la contestation urbaine. Les messages sont parfois poétiques, parfois vulgaires, parfois dénonciateurs », poursuit le député.

Les élus socialistes « choqués »

La réaction des socialistes ne s’est pas fait attendre. Du patron de l’antenne départementale Christophe Fouillère à la sénatrice Sylvie Robert, tous déclarent être « choqués » par cette démarche. « Mon erreur, c’est de ne pas avoir une communication politicienne », tempère le député, qui a laissé les photos sur sa page. « J’avais déjà posé ces photos il y a cinq ans. Ça n’avait pas fait de bruit ». A l’époque, l’homme n’était pas député.