Le parti Les Républicains exclut quatre de ses membres pro-Macron et «acte» le départ d'Edouard Philippe

POLITIQUE Le parti Les Républicains exclut officiellement les ministres Darmanin, Lecornu, Philippe et des députés «Constructifs»....

A.-L.B. avec AFP

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Le ministre Gérald Darmanin à l'Assemblée nationale le 31 octobre 2017
Le ministre Gérald Darmanin à l'Assemblée nationale le 31 octobre 2017 — CHAMUSSY/SIPA

Pas de surprise lors du bureau politique du parti Les Républicains (LR), ce mardi soir. Il a «acté» le départ du Premier ministre Edouard Philippe de la formation politique, et exclut le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, le secrétaire d'État à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, le président du groupe UDI-Constructifs à l'Assemblée, Franck Riester, et le député de ce groupe Thierry Solère. 

Dans un communiqué publié ce mardi soir, LR revient sur ce vote « sans condition de quorum». «Le bureau politique a de nouveau adopté à une très large majorité une délibération d'exclusion formelle de MM. Darmanin, Lecornu, Riester et Solère.» Il ajoute que «pour rappel, le bureau politique avait pris acte, le 24 octobre, du départ d’Edouard Philippe de notre mouvement.»

Raté du 24 octobre

La décision d'exclusion des membres LR pro-Macron avait été actée le 24 octobre, mais faute d’atteindre le quorum de votants requis,  sa validation avait été repoussée d’une semaine.

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«C'est une réunion purement formelle. La décision politique a été prise la semaine dernière à une large majorité. Pour des raisons de forme juridique, il faut une décision de pur formalisme administratif», avait expliqué mardi matin le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer. 

Critiques et réjouissances

Sur Twitter, la décision a été commentée à de nombreuses reprises mardi soir. Elle divise les partisans et détracteurs des personnalités visées par la sanction du parti, et questionne sur la ligne politique de LR.

Christian Estrosi, maire LR de Nice, a estimé mardi que LR «fait honte aux valeurs du gaullisme et du rassemblement». 

Le juppéiste Gilles Boyer, conseiller d'Edouard Philippe à Matignon et ancien candidat LR, a déploré que l'appel du pied de certains membres LR à la droite identitaire incarnée par Marion Maréchal-Le Pen ne soit pas sanctionné. Il a ainsi estimé: «Les masques tombent». 

D'autres internautes, tel le député LR Pierre-Henri Dumont, se sont au contraire réjouis de la nouvelle... 

La décision de ce mardi soir pourrait mettre fin à la crise politique que vit le parti depuis les législatives de juin, avec le ralliement de certains élus à la majorité présidentielle, puis la création du groupe de droite dissident UDI-Les constructifs à l’Assemblée nationale. Si l'exclusion de ces pro-Macron a été réclamée dès l'été, le parti Les Républicains a repoussé plusieurs fois cette échéance, souhaitant laisser passer les sénatoriales.

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Mais de nouveaux épisodes pourraient encore survenir... S'ils sont exclus mardi soir, les pro-Macron n'excluent pas de former des recours, comme l'a suggéré mardi matin Sébastien Lecornu. Et la commission de recours compte parmi ses membres deux exclus, le ministre Gérald Darmanin et le secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu.