Décès de Didier Motchane, proche de Chevènement et inventeur du logo socialiste «le poing et la rose»

DISPARITION Il avait quitté le Parti socialiste en même temps que Jean-Pierre Chevènement, pour participer avec lui à la création du Mouvement des citoyens...

20 Minutes avec AFP

— 

Didier Motchane en 1997.
Didier Motchane en 1997. — DOMINIQUE FAGET / AFP
  • Ce proche de Jean-Pierre Chevènement avait fondé avec lui le Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste (Cérès).
  • Eurosceptique, il avait quitté le PS en 1993.
  • Lors de la présidentielle de 2012, il avait apporté son soutien à Jean-Luc Mélenchon.

Didier Motchane, très proche de Jean-Pierre Chevènement avec qui il avait fondé le Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste (Cérès), longtemps l’aile gauche du PS, est décédé dimanche à Paris à l’âge de 86 ans, a annoncé Jean-Pierre. Chevènement, confirmant une information du Monde.

Né à Paris le 17 septembre 1931, fils du mathématicien Léon Motchane, époux de l’actrice et réalisatrice Dominique Cabrera, cet énarque magistrat à la Cour des comptes avait fondé en 1965 le Cérès avec Jean-Pierre Chevènement. Partisan de l’union de la gauche au congrès d’Epinay en 1971, il avait siégé au Parlement européen comme eurodéputé socialiste de 1979 à 1989.

C’est Didier Motchane qui avait été à l’origine du logo « le poing et la rose », devenu le symbole du courant socialiste à l’échelle internationale. Cet eurosceptique avait quitté le PS en 1993, en même temps que Jean-Pierre Chevènement toujours, pour participer avec lui à la création du Mouvement des citoyens, devenu en 2003 le Mouvement républicain et citoyen. Lors de la présidentielle de 2012, Didier Motchane avait apporté son soutien au candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

Il était « très au-dessus de la grisaille de la petite politique »

« Didier Motchane était une figure exceptionnelle. Sa disparition coïncide avec la fin du cycle d’Epinay. Il avait été avec Georges Sarre, Pierre Guidoni et moi-même l’un des fondateurs du Cérès au mitan des années 1960 », a déclaré Jean-Pierre Chevènement, saluant « son intelligence supérieure, sa vaste culture et son caractère », qui le plaçaient « très au-dessus de la grisaille de la petite politique ».

« Depuis plus de cinquante ans, il a été, à mes côtés, une conscience exigeante et fidèle (…) Toute sa vie, Didier Motchane a été un bloc de courage, un homme magnifique et une grande âme, qui a affronté la mort comme il avait mené sa vie, sans ciller », a encore souligné Jean-Pierre Chevènement.

« Les socialistes ont perdu l’un des leurs qui, jusqu’en 1993, contribua par l’exigence de sa pensée à la construction du PS », a écrit le Parti socialiste dans un communiqué. « La rigueur doctrinale » du Cérès « a formé des milliers de cadres à une époque où l’idéologie comptait davantage que la petite phrase, où la recherche du sens primait sur celle du "buzz" », ajoute le PS.

« Les chemins », rappelle le PS, « s’étaient séparés au moment de la Première guerre du Golfe et, plus généralement, sur la question européenne » mais « cette rupture n’efface pas la vingtaine d’années pendant lesquelles il fut un repère pour une génération d’hommes et de femmes de gauche qui sont toujours des cadres du PS ».