LR: Macron a la «haine de la province» et pas «d'amour charnel pour la France», selon Wauquiez

POLITIQUE Le candidat à la présidence des Républicains égratigne soigneusement le chef de l’Etat dans un entretien au « JDD »...

20 Minutes avec AFP

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Lyon, le 15 septembre 2016. Laurent Wauquiez lors d'une conférence de presse. AFP PHOTO : PHILIPPE DESMAZES
Lyon, le 15 septembre 2016. Laurent Wauquiez lors d'une conférence de presse. AFP PHOTO : PHILIPPE DESMAZES — AFP

Quelques gentillesses balancées en prévision de 2022. Laurent Wauquiez, favori de l’élection à la présidence des Républicains qui dit vouloir affronter Emmanuel Macron à la prochaine présidentielle, dénonce « le désert de l’âme » chez le chef de l’Etat qui, selon lui, n’a pas « d’amour charnel pour la France » mais une « haine de la province », dans un entretien au Journal du Dimanche.

Invité à dresser le portrait du président de la République, celui de la région Auvergne-Rhône-Alpes admet qu'« incontestablement », il fait partie des « gens audacieux qui imposent leur chance » et qu’il a « du respect pour cette force », avant de se livrer à une attaque en règle d’Emmanuel Macron.

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« Ce qui me frappe chez lui, c’est le désert de l’âme », « il n’est porté que par un seul projet : lui-même », lâche Laurent Wauquiez. « Contrairement à ce qui émanait d’un Pompidou, d’un Giscard, d’un Mitterrand, d’un Chirac, d’un Sarkozy ou même, à sa façon, de Hollande le Corrézien, je ne sens pas chez Macron un amour charnel pour la France ».

« La morgue de l’enfant capricieux et de l’adulte arrogant »

Chez le président « il y a de la morgue », celle « de l’enfant capricieux et de l’adulte arrogant », ajoute-t-il en jugeant qu’il « oppose les générations et divise les Français en deux catégories : ceux qui réussissent et "ceux qui ne sont rien" ».

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Affirmant qu’il est « le plus parisien des présidents qu’on n’ait jamais eu », il l’accuse d’être « hanté par une haine de la province ». « Il s’aime tant, et il a tellement besoin que ça s’incarne dans une série d’images, de louanges, qu’il ne supporte pas la contradiction des médias. Il a construit un gouvernement dans lequel personne ne doit lui faire d’ombre ; il a mis quelqu’un à Matignon mais en fait il n’y a pas de Premier ministre », ajoute Laurent Wauquiez.

Emmanuel Macron n’a en outre, selon lui, « pas de projet pour la France ». « Bien sûr que chez tout politique l’ego est sur-dilaté, mais lui est passé de l’autre côté du miroir ». « Il dit n’être ni de droite ni de gauche et je pense que c’est profondément vrai. C’est un vide », insiste l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy. « Il y a du romanesque chez Macron, mais c’est le romanesque de Bel-Ami, celui de Rastignac (…) C’est un romanesque desséché qui a fait le choix de croire que la gestion de la France est uniquement comptable », juge-t-il encore.