Harcèlement sexuel: Les eurodéputés appellent à briser le silence

SOCIETE Selon le service de presse du Parlement, une dizaine de cas ont été signalés au comité interne consacré aux assistants parlementaires accrédités et aux députés, mais sans dimension sexuelle…

20 Minutes avec AFP

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L'élue écologiste allemande Terry Reintke
L'élue écologiste allemande Terry Reintke — PATRICK HERTZOG / AFP

Les eurodéputés se sont joints ce mercredi aux appels à briser le silence sur le harcèlement sexuel. Certaines élues évoquent même dans l’hémicycle leur expérience personnelle, dans le sillage de la vague de témoignages déclenchée par le scandale Weinstein.

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« Moi aussi ! J’ai subi du harcèlement sexuel, comme des millions d’autres femmes dans l’Union européenne », a déclaré devant ses homologues l’élue écologiste Terry Reintke, lors d’un débat en plénière à Strasbourg, précédant le vote d’une résolution prévu jeudi sur le sujet.

Les hommes encouragés à « prendre la parole sur le sujet »

« Il est temps de dire clairement que nous ne devons plus avoir honte, ce sont les auteurs qui doivent avoir honte ! », a ajouté la députée allemande. Avec d’autres élues, elle a commencé son intervention en brandissant une pancarte arborant le mot-dièse « #MeToo ».

L’eurodéputée écologiste a appelé à des « mesures législatives » mais a aussi encouragé les hommes à « prendre la parole sur le sujet ». « J’avais 19 ans, à l’université. Lui en avait environ 70, un professeur, un intellectuel », a confié de son côté l’élue italienne Eleonora Forenza (GUE, gauche radicale), appelant à « lutter contre la culture machiste ».

« Nous devons sortir les femmes de l’humiliation et de la honte dans laquelle elles sont, et nous devons tous ensemble cesser de fermer les yeux », a plaidé durant le débat l’eurodéputée française Elisabeth Morin-Chartier (PPE, droite), qui préside un comité dédié à la lutte contre le harcèlement en interne au sein du Parlement.

Des cas au Parlement

Le débat de mercredi à Strasbourg a été organisé dans le sillage des révélations sur le producteur américain Harvey Weinstein, qui ont déclenché des témoignages partout dans le monde, relayés sur les réseaux sociaux sous des mots-dièse comme #metoo ou encore #balancetonporc en France.

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Mais des cas au sein même de l’institution européenne ont été dénoncés dans la presse ces derniers jours. Selon le service de presse du Parlement, une dizaine de cas ont été signalés au comité interne consacré aux assistants parlementaires accrédités et aux députés, mais sans dimension sexuelle.

En revanche, des « cas de harcèlement sexuel ou de viols » ont été rapportés directement auprès du département des ressources humaines du Parlement, débouchant sur des « sanctions » et des « mesures disciplinaires », selon des sources parlementaires.

« Porc en puissance »

Les nombreuses élues qui ont pris la parole en plénière - et quelques hommes, également - ont insisté sur la nécessité d’une prise de conscience du phénomène, y compris parmi les hommes. « Cependant, aussi horribles que ces actes puissent être, ils ne peuvent justifier la mise au pilori sur la place publique de présumés coupables », a nuancé l’élue europhobe française, Mylène Troszczynski, insistant sur la nécessité d’un traitement judiciaire du problème.

« Les femmes doivent porter plainte sans crainte et les accusés se défendre au tribunal (…) Le fameux hashtag #BalanceTonPorc est révélateur de l’erreur que nous ne devons pas commettre : confondre lynchage médiatique et justice », a estimé cette élue membre du Front National, estimant qu’il ne fallait pas faire « de chaque homme ou chaque garçon un porc en puissance ». Les eurodéputés voteront jeudi en plénière une résolution envisageant les mesures à prendre pour mieux lutter contre le harcèlement sexuel dans l’Union européenne.