La sénatrice alsacienne Fabienne Keller et la député européenne Nadine Morano ne sont pas tout à fait sur la même ligne au sein du parti Les Républicains.
La sénatrice alsacienne Fabienne Keller et la député européenne Nadine Morano ne sont pas tout à fait sur la même ligne au sein du parti Les Républicains. — Photos G. Varela / S. Ortola / 20 Minutes.

CA CHAUFFE A DROITE

Pourquoi Nadine Morano et Fabienne Keller se clashent avant le bureau politique des Républicains?

Alors qu'un important bureau politique est prévu ce mardi soir chez Les Républicains, un petit échange entre Nadine Morano et Fabienne Keller sur Twitter illustre l'affrontement des deux lignes...

  • Dans une interview, Nadine Morano n’a pas caché sa colère envers les Constructifs, hommes et femmes politiques de droite soutenant, entre autres, la politique du Premier ministre Edouard Philippe.
  • Un bureau politique prévu ce mardi soir chez Les Républicains doit décider du sort de ces élus qui ont rejoint Emmanuel Macron.
  • La sénatrice LR Fabienne Keller s’est publiquement opposée aux propos de l’eurodéputée Nadine Morano. Symbole de ces deux lignes qui s’opposent à droite.

Tout est parti d’une interview donnée au Parisien, ce mardi matin. En ce jour de bureau politique des Républicains, Nadine Morano n’y cache - une nouvelle fois - pas sa colère envers les Constructifs, ces personnalités de droite désormais proches du président Macron. Jusqu’au relais, sur Twitter, de la sénatrice alsacienne Fabienne Keller, du même parti.

Non sans critique, d’ailleurs, de la part de cette élue plutôt « constructive » mais restée au sein du groupe des Républicains au palais du Luxembourg : « La traîtrise à nos valeurs c’est le flirt avec les extrêmes. » Vivement - et par deux fois -, sa camarade lorraine n’a pas manqué de réagir : « Tu nous expliqueras ce qu’est le flirt avec les extrêmes… »

Bonne ambiance, avant un important bureau politique

Une tentative de tweet-clash restée vaine, devant l’absence de réponse de la très sobre Fabienne Keller. Relancée par 20 Minutes, Nadine Morano précise toutefois : « Il y en a marre, il faudra à un moment qu’elle se justifie de ses accusations et qu’elle clarifie sa situation. Elle peut aussi partir. » Bonne ambiance, avant un bureau politique du parti prévu ce mardi soir…

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En réponse à son positionnement au Sénat, Fabienne Keller évoque pour 20 Minutes « les subtilités » de l’hémicycle où « les Juppéistes sont restés dans le groupe existant » tout en étant parfois, comme elle, « proche des Constructifs » partageant la ligne du gouvernement « sur la réforme de l’école, du Code du travail, d’un budget sobre et du discours européen ». Et d’embrayer, à propos de Nadine Morano :

« Elle a utilisé un vocabulaire inadmissible, qui ne tient pas compte du fait qu’Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu sont au travail. Pourquoi seraient-ils des traîtres ? La question n’est pas de s’adresser des noms d’oiseaux. Mais exclure, c’est reconnaître nos erreurs. Sinon, on dialogue. »

Des exclusions de Constructifs attendues en bureau politique

Leur petit affrontement est symptomatique de l’opposition de deux lignes au sein d’un parti que le droitier Laurent Wauquiez devrait bientôt présider. Sans un certain nombre de Constructifs partis au gouvernement, qui risquent désormais d’être exclus des Républicains. Ce qui sera un des principaux sujets de ce bureau politique, justement.

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« Notre parti a besoin de clarté et cohérence, renchérit la députée européenne Nadine Morano, depuis son train en direction de Paris. Il ne peut pas avoir en son sein des gens partis rejoindre la majorité au terme d’un long processus de débauchages et de trahisons. J’espère que nous aurons ce soir une clarification avec des exclusions. »

Une partie de l’avenir des Républicains déterminé ce mardi

Les tensions ne sont donc pas terminées au sein du parti de droite. Ce bureau politique ne promet pas d’être facile, de l’aveu même de membres. Pour Fabienne Keller qui précise y revenir sans plaisir, pas question d’accepter le vote d’exclusion des cinq membres du gouvernement puisqu’ils mettent en œuvre des mesures proposées pendant les primaires de la droite :

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« Je ne comprends pas qu’il n’en soit pas de même avec Sens commun, dont le président a dit qu’il accueillerait Marion Maréchal Le Pen dans sa plateforme d’idées. Or, en 2002, le fondement de notre mouvement était pourtant de lutter contre les extrêmes, d’apporter une réponse démocratique, de ne pas flirter avec la ligne rouge… C’est regrettable d’écarter ceux qui travaillent pour que la France réussisse dans une ligne que l’on a pu défendre. »

Le bureau politique de ce mardi 24 octobre déterminera en tout cas une partie de l’avenir des Républicains et de certains de ses représentants.