Travail détaché: Les transporteurs routiers français «sacrifiés» selon leurs syndicats

COLERE Selon eux, l’exclusion du transport routier du texte réformant le travail détaché condamne leur profession à demeurer « les salariés low-cost de l’Europe »...

20 Minutes avec AFP

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Pour Emmanuel Macron, la directive européenne sur le travail détaché, telle qu'elle est appliquée aujourd'hui, est « une trahison de l'esprit européen dans ses fondamentaux ».
Pour Emmanuel Macron, la directive européenne sur le travail détaché, telle qu'elle est appliquée aujourd'hui, est « une trahison de l'esprit européen dans ses fondamentaux ». — Kerstin Joensson/AP/SIPA

Une réforme en trompe-l’œil de la directive sur les travailleurs détachés ? Les transporteurs français ont été « sacrifiés » pour parvenir à un accord « historiquement scandaleux » sur le travail détaché en Europe, ont vivement réagi ce mardi leurs représentants, à rebours de la communication rassurante du gouvernement.

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Pour obtenir un compromis au sein de l’Union Européenne, la France a accepté d’exclure le transport routier de la directive révisée sur le travail détaché. Le texte actuel continuera de s’appliquer jusqu’à la révision du « paquet mobilité », une directive européenne dédiée à la profession.

« Ce n’est pas acceptable », les routiers restent « les salariés low-cost de l’Europe », a réagi Patrick Blaise de la CFDT-Route, premier syndicat en France.

Les conducteurs français resteront « les travailleurs pauvres du marché français »

Pour Fabrice Michaud de la CGT-Transports, c’est « une sorte de bombe à retardement que le gouvernement a signée » car l’accord « va accentuer le dumping social, c’est un très mauvais signal pour l’ensemble de la profession ».

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Les pays de Visegrad (Pologne, Hongrie, Républiques tchèque et Slovaque), mais aussi l’Espagne et le Portugal qui ont obtenu gain de cause, « vont être encore plus arc-boutés sur leurs positions » lors de la négociation du paquet mobilité, a ajouté Jérôme Vérité ( CGT).

« On va vers une catastrophe », rajoute enfin Patrice Clos (FO). D’après lui, les conducteurs français resteront « les travailleurs pauvres du marché français » car ils « continueront à être "dumpés" allègrement » par des chauffeurs étrangers, moins cher.