LR va exclure cinq responsables pro-Macron, dont Edouard Philippe et Gérald Darmanin

POLITIQUE Cinq personnalités au total pourraient être amenées à rendre leur carte...

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe à Matignon le 8 octobre 2017.
Edouard Philippe à Matignon le 8 octobre 2017. — CHAMUSSY/SIPA

Après des semaines de tergiversations et d’embarras, le parti Les Républicains (LR) devrait exclure de ses rangs cinq de ses responsables pro-Macron, dont le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre du Budget Gérald Darmanin, ce mardi lors d’un « bureau politique de la clarification ».

Le BP débutera à 18h au siège du parti, rue de Vaugirard (Paris 15e). Cinq personnalités pourraient être amenées à rendre leur carte : les deux ministres, Sébastien Lecornu (secrétaire d’Etat à l’Ecologie), ainsi que les responsables des députés « Constructifs », Franck Riester et Thierry Solère. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a lui déjà quitté LR pour rejoindre le parti présidentiel LREM.

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La direction du parti compte sur une large majorité du BP pour voter leur exclusion. « Des gens qui trahissent sans se chercher un alibi, ça me laisse sans voix. Ils méritent qu’on les foute dehors », juge l’ancien ministre Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy. « La comédie doit cesser », abonde Laurent Wauquiez, le favori pour l’élection à la présidence de LR.

La réunion s’annonce houleuse

Toutefois, la réunion pourrait être houleuse, certains membres du bureau - « très minoritaires » selon la direction - étant opposés à leur renvoi. « Les exclure est une erreur, c’est absurde », a affirmé Claude Goasguen, député LR de Paris, qui ne juge « pas impossible » de rejoindre les Constructifs. « Ca jette le discrédit sur notre formation politique », déplore-t-il, en craignant de voir LR « entrer dans une période extrêmement compliquée et confuse ».

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Pour la direction du parti au contraire, ce bureau politique est celui de la « clarification » : la question est « simple. Peut-on être membre du gouvernement, donc de la majorité, et en même temps, être membre du premier parti d’opposition ? La réponse est non ».

Pour Valérie Pécresse aussi, « la situation est très simple ». « Il n’y a pas besoin de prendre des sanctions, des exclusions. Ils nous ont quittés. Ils ont décidé de quitter le parti. Ils sont, on pourrait dire, démissionnaires d’office », a-t-elle résumé lundi sur LCI.

« Faire réfléchir les Torquemada »

Soucieux de « respecter les statuts » de LR, son secrétaire général Bernard Accoyer avait nommé, lors d’un précédent BP, le 11 juillet, une commission ad hoc (formée des députés Patrick Ollier et Jean Leonetti) chargée de recevoir les personnalités visées et leur donner l’opportunité de « s’expliquer ». Jean Leonetti avait rencontré séparément Franck Riester et Thierry Solère la semaine dernière. La « réunion fut cordiale » selon le premier, « de grande qualité » selon le second, mais chacun a campé sur ses positions.

Mardi matin, ce sera au tour des deux ministres d’être reçus par Patrick Ollier. « Je ne vois pas comment on peut m’exclure alors qu’on est dans une procédure », affirme Gérald Darmanin. « Je fais confiance à ma formation politique », ajoute le ministre, à qui LR reproche son inscription sur une liste La République en Marche aux sénatoriales. Selon lui, « qu’un député comme Goasguen, du 16e arrondissement de Paris, soit opposé à (leur) éviction devrait faire réfléchir les Torquemada » du parti.

« LR glisse plus vers le FN que vers le centre »

« S’ils en sont à exclure, sans aucune base légale, ceux qui veulent travailler avec le centre mais à garder Sens commun, qui appelle à une plateforme programmatique avec Marion Maréchal-Le Pen, c’est que LR glisse plus vers le FN que vers le centre ! », s’exclame Thierry Solère, faisant allusion à de récentes déclarations dans ce sens de Christophe Billan, président de l’émanation politique de la Manif pour tous.

Dominique Bussereau partage ce point de vue. « Je n’assisterai pas au BP de LR durant lequel des membres de Sens commun vont participer à l’exclusion d’amis talentueux », a tweeté samedi l’ancien ministre chiraquien.

« Notre exclusion est un acte politique qui doit être suivi d’un autre acte politique : la création d’un nouveau parti de droite, libéral, social, européen, réformiste et humaniste », assure Franck Riester. Quand ? « A court terme », répond ce Constructif.