VIDEO. Macron sur TF1: Ce qu'il faut retenir de la toute première interview du président

RÉSUMÉ Emmanuel Macron a évoqué ses réformes socio-économiques ainsi que la sécurité et le harcèlement sexuel...

L.C.

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Emmanuel Macron le 15 octobre 2017.
Emmanuel Macron le 15 octobre 2017. — PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
  • Le chef de l'Etat a donné sa première interview télévisée sur TF1 et LCI ce dimanche soir.
  • Il a longuement défendu ses réformes socio-économiques ainsi que son style de président.
  • Il a également annoncé une réflexion sur la participation et l'intéressement des salariés.

Pendant plus d’une heure, le président de la République a répondu aux questions de Gilles Bouleau, Anne-Laure Coudray et David Pujadas, lors de la première interview télévisée de son quinquennat (sur TF1 et LCI). Cinq mois après son investiture, Emmanuel Macron a défendu son style de présidence, ses réformes socio-économiques, son emploi du mot « bordel », et il a même lâché un « croquignolesque ». 20 Minutes fait le point sur les principales annonces de cet entretien.

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  •  Un président proche des Français

« Cette opération était essentiellement destinée à montrer qu’il n’est pas le président des riches », affirme le politologue Bruno Cautrès. Interrogé sur sa sortie sur « ceux qui foutent le bordel », visant des employés de l’entreprise GM & S, le président a affirmé qu’il n’avait « pas cherché à humilier ». Il a toutefois assumé cette phrase et revendiqué l’usage par un président d’un mot du registre « populaire », par opposition aux « élites (…) habituées à ne plus dire les choses, à avoir un discours en quelque sorte aseptisé ». « Il a répondu sur son vocabulaire, une manière de montrer qu’il est proche des Français car il parle comme eux », observe le chercheur au CNRS et au CEVIPOF.

  • Chômage : une baisse d’ici deux ans

Sans faire une François Hollande, Emmanuel Macron a toutefois promis que ses réformes auraient un effet sur le chômage « dans un an et demi, deux ans ». Il mise sur la plus grande « flexibilité » du Code du travail introduite par les ordonnances et sur la formation, dont il a longuement parlé ce dimanche soir. « On va réorienter les formations pour former beaucoup plus les chômeurs. Nous investirons 15 milliards d’euros pour former les plus jeunes et les moins qualifiés », a-t-il affirmé.

Quant à la réforme de l’assurance chômage, dont la concertation a débuté jeudi dernier, Emmanuel Macron a répondu à une question sur l’ouverture des droits aux indemnités chômage pour les démissionnaires, une de ses promesses de campagne. Elle sera « encadrée » et se fera « s’il y a un projet » de la part du démissionnaire, « tous les 5 ans, 6 ans, 7 ans », a-t-il ébauché.

  • Expulsion des étrangers en situation irrégulière s’ils commettent un délit

En matière de sécurité, le président a fait une annonce, plus d’une semaine après l’attentat de Marseille : tous les « étrangers en situation irrégulière » qui commettent un délit « quel qu’il soit seront expulsés ». Il a promis d’être « intraitable sur ce sujet ».

  • L’ISF n’était pas « efficace »

Alors que la réforme de l’ISF a fait des vagues jusque dans sa majorité, le président a défendu cette mesure. « Je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire : "Il y a des gens qui s’en sortent taxons-les" ». En ce sens, l’ISF n’était selon lui pas « efficace » et aurait fait fuir de nombreux Français fortunés, tandis que « beaucoup de gens qui gagnaient beaucoup ne le payaient pas grâce à des montages financiers ».

  • Une réflexion sur la participation et l’intéressement des salariés en 2018

Le chef de l’Etat a annoncé le lancement en 2018 d’une réflexion sur l’intéressement et la participation, sorte de contrepartie à la « plus grande flexibilité » que doivent introduire les ordonnances. « Quand une entreprise a une difficulté, il faut que, par le dialogue social, on puisse ajuster les choses (…) Mais quand ça va mieux, je veux que les salariés aussi puissent avoir leur part de la réussite », a résumé le président sans livrer de détails concrets sur une éventuelle réforme.

  • Un débat « apaisé » sur la PMA, et pas de GPA

Autre concertation annoncée par le président, cette fois dans le domaine de la procréation médicalement assistée (PMA). Estimant qu’il est « normal de reconnaître ce droit aux femmes seules et aux couples de même sexe », Emmanuel Macron a jugé que « sur ces sujets de société, le politique ne doit pas imposer les choix en brutalisant les consciences ».

Sur la PMA, « je souhaite, que durant l’année 2018, nous puissions avoir ce débat de manière apaisée », a-t-il dit dimanche, rappelant que cela se ferait dans le cadre du passage en revue des lois de bioéthique. « Je serai le garant de l’apaisement de cette concertation », a-t-il promis.

Il a affirmé son opposition à la gestation pour autrui (GPA). « Je suis très sensible au respect de la filiation », c’est pourquoi « je suis contre la GPA, parce que j’ai une conception de la dignité du corps de la femme ».

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  • Des lois contre le harcèlement sexuel

En pleine affaire Harvey Weinstein, le président a annoncé une « procédure de verbalisation plus simple » des actes de harcèlement « pour qu’il y ait une réponse immédiate », en déplorant qu'« aujourd’hui, bien souvent, on ne va pas porter plainte, parce qu’on n’ose pas ».

Le chef de l’Etat a aussi annoncé avoir « engagé les démarches » afin que la Légion d’Honneur soit retirée au magnat de Hollywood accusé de viols, d’agressions et de harcèlement sexuels par plusieurs femmes.

  • Le point international

L’international n’était pas au cœur de cette interview. En toute fin d’entretien, le président a affirmé que les Etats-Unis restent un « allié » de la France en dépit des désaccords notamment sur le climat ou l’Iran. « J’ai expliqué [au président américain] que ce n’était pas une bonne idée de durcir les choses avec l’Iran », a-t-il déclaré. Il a ensuite indiqué qu’il comptait effectuer une visite à Téhéran à l’invitation du président Hassan Rohani, sans en préciser la date.