L'UDI «ne sera plus jamais une force supplétive des Républicains», déclare Lagarde

POLITIQUE Le président du parti centriste estime que sa formation est « désormais libre de toute alliance »…

20 Minutes avec AFP

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Le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde le 27 juin 2017 à l'Assemblée nationale.
Le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde le 27 juin 2017 à l'Assemblée nationale. — AFP

Le parti centriste de l’UDI, sorti renforcé des élections sénatoriales qui lui ont permis d’étoffer son groupe parlementaire, ne se considère plus lié par aucune alliance aux Républicains, déclare son président Jean-Christophe Lagarde dans un entretien au Journal du Dimanche.

« La recomposition politique en cours nous rend désormais libres de toute entrave et de toute alliance. Libres de toutes nos positions, que ce soit vis-à-vis du gouvernement ou de toute formation politique », assure le député de Seine-Saint-Denis.

Nous avons deux ans pour gagner une autonomie complète

Alors que l’UDI avait participé à la primaire présidentielle de la droite, avant de prendre ses distances avec le vainqueur François Fillon (LR) après l’affaire d’emplois fictifs présumés impliquant des membres de sa famille, Jean-Christophe Lagarde estime que l’alliance avec LR « n’est plus une obligation ».

« Nous sommes désormais libres de toute alliance. Ce que je veux construire à partir de l’UDI, c’est une force politique qui ne sera plus jamais supplétive des Républicains. Cette page avec LR est tournée. Mais je refuse tout autant d’être un laudateur zélé du pouvoir ! », précise-t-il.

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« À partir de l’UDI, je souhaite que nous construisions une force politique nouvelle, rassemblant le centre et la droite progressiste. D’ici aux européennes, nous avons deux ans pour gagner une autonomie complète et rassembler ceux qui ne partagent pas la dérive d’une droite se recroquevillant sur sa fraction la plus nationaliste, conservatrice, et frileuse », a ajouté Jean-Christophe Lagarde, qui avait participé début septembre au séminaire des 35 députés « Constructifs », rassemblant notamment une douzaine de députés venus de LR et une vingtaine d’élus UDI.

« Jamais je ne renoncerai à la liberté de dire que nous ne sommes pas d’accord »

Thierry Solère, un député Constructif issu de LR, avait indiqué pour sa part vendredi qu’une décision serait prise « d’ici la fin de l’année » sur la création d’un nouveau parti, n’excluant pas cependant que les élus du groupe choisissent de « rejoindre En Marche », le parti présidentiel.

« Jamais je ne renoncerai à la liberté de dire quand nous ne sommes pas d’accord » avec l’action gouvernementale, souligne de son côté Jean-Christophe Lagarde dans le JDD, en formulant trois critiques sur les projets économiques d’Edouard Philippe : la hausse de la CSG, la baisse des APL, et « le fait qu’un appartement soit taxé et pas un lingot d’or » dans le cadre de la réforme de l’ISF proposée.