Jean-Marie Le Pen demande à sa fille un «retour aux fondamentaux» du Front national

POLITIQUE Le président d’honneur du FN a publié une lettre ouverte à la veille d’un comité central du parti…

20 Minutes avec AFP

— 

Jean-Marie Le Pen, illustration.
Jean-Marie Le Pen, illustration. — ALAIN JOCARD / AFP

Il est de retour, et « l’heure est aux bilans », écrit-il. Jean-Marie Le Pen, président d’honneur par décision de justice du Front national, a demandé jeudi à sa fille Marine Le Pen « unité » du parti et « retour aux fondamentaux », dans une lettre ouverte aux adhérents du Front national à la veille d’une réunion interne.

« Il faut rétablir l’unité du Front national avant d’appeler au rassemblement des patriotes, ce qui implique l’amnistie des exclus. Il faut revenir aux fondamentaux, lutter sans merci contre l’immigration et ses conséquences sur le chômage, l’insécurité et les déficits budgétaires et sociaux », affirme le député européen.

>> A lire aussi : Nom, alliances, relations avec la presse... A Toulouse, Marine Le Pen promet une «refondation historique» de l'organisation du FN

Il publie cette lettre juste avant un comité central, convoqué samedi après-midi à huis clos au Futuroscope de Poitiers, cette instance ne s’étant pas réunie depuis le dernier congrès du FN, en novembre 2014 à Lyon.

« L’efficacité de la thérapeutique dépendra de la sûreté du diagnostic »

Dans sa lettre, Jean-Marie Le Pen conteste longuement les motifs qui ont conduit à son exclusion du FN en août 2015 par Marine Le Pen, une décision qu’il conteste depuis, la justice ayant entériné son exclusion comme adhérent du FN mais l’ayant rétabli dans ses prérogatives de « président d’honneur » du FN.

Le « Menhir », qui sera absent samedi alors qu’il est membre de droit du comité central, assure qu'« il ne faut pas se contenter des formules absconses telles la refondation, la remise à plat, car l’efficacité de la thérapeutique dépendra de la sûreté du diagnostic ».

« Il s’en est fallu de peu que Marine ne soit pas au second tour »

Il égratigne aussi la présidente du FN, sa fille : « Il s’en est fallu de peu que Marine ne soit pas au second tour » de la présidentielle. « Si Fillon n’avait pas été accablé par la campagne de dénonciation d’emplois fictifs déclenchée contre lui, il aurait été sans doute au 2e tour », estime-t-il.

« On a souvent attribué à la mauvaise prestation du débat avec Macron l’échec de Marine. Cet épisode, pour spectaculaire qu’il fut, intervint en aggravant le discrédit, mais celui-ci lui était antérieur », juge celui qui a été candidat à cinq élections présidentielles entre 1974 et 2007.