Cambadélis règle ses comptes avec ses «amis» socialistes dans un livre

UPPERCUT L’ancien rend son tablier de Premier secrétaire du PS cette semaine, en faisant quelques tâches au passage…

D.B.

— 

Jean-Christophe Cambadelis le 8 juillet 2017.
Jean-Christophe Cambadelis le 8 juillet 2017. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Pas question de quitter le PS sans faire le ménage dans ses relations politiques d’abord. Jean-Christophe Cambadélis n’y va pas de main morte dans son ouvrage Chronique d’une débâcle qui paraît ce mercredi et dont les premiers extraits sont révélés par Challenges.

Pas sûr que l’ancien premier secrétaire du PS garde beaucoup d’amis socialistes après la parution de cet essai. Première victime de sa vindicte : François Hollande, à qui il reproche sa mollesse et son côté trop influençable. Il ironise sur la scène du baiser entre François Hollande etValérie Trierweiler, le soir de la victoire électorale. Une scène qu’il juge annonciatrice de tout ce qui s’est passé ensuite pendant le quinquennat. « "Embrasse-moi !", Et François Hollande s’exécuta. Il esquisse un léger et furtif baiser à Valérie Trierweiler, place de la Bastille, résumant ainsi le soir de sa victoire la teneur de son quinquennat, laissant sous-entendre qu’il ne se désistera à aucune demande… sans vraiment les embrasser. Cette scène révèle à la France entière la manière dont il la présidera : on pourra tout lui demander, même le plus grotesque, il y répondra. Il ne sera pas l’homme qui dit non. Il fera au mieux. »

Tout le monde y passe

Jean-Christophe Cambadélis critique aussi la naïveté dont François Hollande a fait preuve vis-à-vis d’Emmanuel Macron : « Je l’aime beaucoup. Il a un esprit juvénile, inventif, et il est tout à fait loyal », a-t-il déclaré au premier secrétaire du PS, avant que le ministre de l’Economie lui plante un couteau dans le dos.

Manuel Valls en prend aussi pour son grade, Jean-Christophe Cambadélis lui reprochant d’avoir appelé à voter pour Emmanuel Macron et non pas pour Benoît Hamon. « J’ai de l’amitié pour Manuel Valls, mais son attitude équivaut pour le coup à un hara-kiri. Qu’il soit en désaccord avec l’orientation de Benoît Hamon, que cette gauche lui semble incapable d’être à la hauteur du temps présent, on l’avait compris. Mais, il suffisait d’attendre. Sans être grand clerc, on pouvait penser que Benoît Hamon ne gagnerait pas la présidentielle. Évidemment, à la sortie de cette élection, l’ancien Premier ministre allait apparaître comme le repreneur naturel d’une gauche déboussolée. Non seulement Manuel Valls n’attendit pas, provoquant l’éparpillement de ses propres amis, mais il s’engagea avec Emmanuel Macron dans une stratégie digne du "génie des Carpettes" (…) dans le seul but de ne pas avoir de candidat EM face à lui à Évry… (…) Il s’acharna à vouloir entrer par effraction dans le macronisme, acceptant l’humiliation de l’apparentement. »

Sur Arnaud Montebourg, « Camba » ne fait non plus dans la demi-mesure : « Arnaud Montebourg est un homme de cause. Son style, c’est la plaidoirie. Il ne pense pas, il plaide. Il ne discute pas, il plaide. Il ne débat pas, il plaide… sans cesse. Il lui arrive d’ailleurs assez souvent de plaider en dépit du bon sens et de faire de mauvais procès. »

Bref, une galerie de portraits peu flatteurs qui ne contribuera pas à redorer le blason du PS… mais sans doute pas non plus celui de Jean-Christophe Cambadélis.