Mailly (FO) à Mélenchon: La rue «a amené le nazisme», elle ne l'a pas abattu

POLEMIQUE «Il faut faire attention à ce que l'on dit», a averti dimanche le leader syndical...

A.B. avec AFP

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Le leader du parti FO, Jean-Claude Mailly en conférence de presse à Paris, le 29 mars 2017.
Le leader du parti FO, Jean-Claude Mailly en conférence de presse à Paris, le 29 mars 2017. — BERTRAND GUAY / AFP

Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a jugé « choquants » dimanche les propos tenus la veille par Jean-Luc Mélenchon, estimant que la rue n’a pas « abattu » le régime nazi, et l’a même « amené d’une certaine manière ».

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« Il faut faire attention à ce que l’on dit »

« Le régime nazi, c’est pas la rue qui l’a abattu, ce sont les alliés, ce sont les Américains, ce sont les Russes à une époque, etc. (…) Si on connaît un peu son histoire, c’est même la rue qui a amené le nazisme d’une certaine manière, donc il faut faire attention à ce que l’on dit », a déclaré Jean-Claude Mailly lors de l’émission Le Grand Jury de RTL/Le Figaro/LCI.

Lors de la manifestation de La France insoumise contre la réforme du Code du travail, samedi à Paris, Jean-Luc Mélenchon avait répliqué à Emmanuel Macron, pour qui « la démocratie, ce n’est pas la rue », en affirmant que « c’est la rue qui a abattu les rois, les nazis, le plan Juppé et le CPE… ».

«Un objet politique non identifié»

Soulignant ses « divergences de fond » avec le chef de file de la France Insoumise, Jean-Claude Mailly a décrit son mouvement comme « un peu un OPNI, un objet politique non identifié. On n’arrive pas bien à situer ce mouvement, qui est à la fois politique et qui veut être syndical d’une certaine manière ».

Jean-Luc Mélenchon avait souhaité samedi « une action forte et dense » avec les organisations syndicales, disant être prêt à se « ranger derrière elles » pour « déferler à un million sur les Champs-Élysées ». « On ne défile jamais derrière un parti politique, même avec », a répondu Jean-Claude Mailly.

« Force Ouvrière est un syndicat indépendant des partis politiques quels qu’ils soient », a-t-il poursuivi. « Nos statuts confédéraux prévoient qu’on peut passer des alliances à un moment donné, si la démocratie est menacée. On n’en est pas là quand même », a ajouté le numéro un de Force Ouvrière, qui n’a pas participé aux journées d’action organisées par la CGT contre les ordonnances réformant le Code du travail.

Jean-Claude Mailly a rappelé que FO manifesterait en revanche avec les retraités le 28 septembre contre la hausse de la CSG, et avec les fonctionnaires le 10 octobre.