Muriel Pénicaud dénonce les propos «indignes et honteux» de Mélenchon sur les nazis

POLEMIQUE La ministre du Travail a vivement dénoncé ce dimanche matin les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon, qui de son côté accuse le gouvernement de faire le buzz…

A.B. avec AFP

— 

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, le 30 mai 2017 à l'Elysée.
Muriel Pénicaud, ministre du Travail, le 30 mai 2017 à l'Elysée. — David Niviere/SIPA

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a jugé dimanche « indignes et honteux » les propos sur les nazis tenus la veille par Jean-Luc Mélenchon lors de la manifestation de La France insoumise contre la réforme du Code du travail.

« J’ai été choquée, indignée »

« Comme une grande majorité de Français j’ai été choquée, indignée qu’on puisse mettre sur le même plan les nazis, des démocrates, des républicains », a déclaré Muriel Pénicaud lors du « Grand rendez-vous » Europe 1/Les Echos/CNews.

« Pour beaucoup de Français qui savent notre histoire, ces propos sont (…) indignes et honteux », a ajouté la ministre du Travail, parlant d’une phrase « écœurante ».

Lors de la manifestation de la France Insoumise, samedi à Paris contre la réforme du Code du travail, Jean-Luc Mélenchon avait affirmé que « c’est la rue qui a abattu les rois, les nazis, le plan Juppé et le CPE… », en réponse au président Emmanuel Macron, pour qui « la démocratie, ce n’est pas la rue ».

« Comme tous les Français, on est collectivement insultés par ce manque de respect de notre histoire, et ce manque de respect de ceux qui ont combattu (…)», a estimé Muriel Pénicaud. « Quand on est député, représentant de la Nation, les propos que l’on porte ont un poids, et donc il y a une responsabilité (…) d’avoir des propos qui soient dignes ».

« Je n’ai jamais comparé le gouvernement actuel aux nazis », répond Mélenchon

« Je n’ai jamais comparé le gouvernement actuel aux nazis, cela va de soi », a répondu ce dimanche Jean-Luc Mélenchon dans un billet posté sur son site et intitulé « La marche du peuple et la diversion ».

« Qu’un Castaner veuille le faire croire est de son niveau, a-t-il ajouté à l’adresse du porte-parole du gouvernement. Mais qu’il soit relayé pour faire du buzz dit bien le niveau d’abaissement auquel en sont rendus d’aucuns ».

Expliquant ses propos tenus la veille, le leader de la France Insoumise écrit ainsi: « J’ai répliqué au président qui affirmait "la démocratie, ce n’est pas la rue", en lui demandant d’apprendre son histoire de France. Il y aurait vu que la démocratie vint par la rue quand celle-ci abattit les rois, chassa les nazis, créa le droit à la section syndicale, la quatrième semaine de congés payés en 1968 », a précisé Jean-Luc Mélenchon.