«Pédagogie», «angle d'attaque», «opposition frontale»... Les députés livrent leurs bonnes résolutions pour la rentrée parlementaire

POLITIQUE «20 Minutes» a interrogé les différents groupes parlementaires de l'Assemblée pour savoir comment ils envisageaient leur rentrée ce lundi en session extraordinaire...

T.L.G.

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Les députés en pleine discussion sur la loi Travail, le 1er août 2017.
Les députés en pleine discussion sur la loi Travail, le 1er août 2017. — PHILIPPE LOPEZ / AFP

La rentrée s’annonce chargée. Les députés font leur grand retour à l’Assemblée nationale pour les séances publiques ce lundi avec l’examen du projet de loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme ». Tous les groupes ont planché sur les gros dossiers de la rentrée la semaine passée  lors de différents séminaires. 20 Minutes fait le point sur les résolutions prises par les parlementaires.

La République en Marche : « Faire plus de pédagogie » (et éviter les errements de l’été)

« Nous sortons de ce séminaire plus forts encore ». Après deux jours de team building, Richard Ferrand a le sourire. Les députés de la majorité ont communiqué sur leur volonté de créer un esprit d’équipe. Objectif : faire oublier les couacs et les errements lors de la session extraordinaire de juillet. Le président du groupe s’est exaspéré mardi des « digressions sur le noviciat » de la presse, préférant retenir le « renouvellement » des dernières législatives.

Pour le reste, les marcheurs ont révisé les gros dossiers de la rentrée : loi sécurité, projet de loi de finances, projet de loi de financement de la Sécurité sociale. « Le budget est important, car il va porter nos promesses de campagne et rappeler la cohérence du projet dans son ensemble », précise Stanislas Guérini, porte-parole du groupe. Le député martèle comme ses collègues la nécessité de « faire davantage de pédagogie ».

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La France insoumise : « Opposition frontale » dans l’hémicycle et dans la rue

Une opposition urbi et orbi. Les députés insoumis entendent s’opposer à Emmanuel Macron dans l’hémicycle et dans la rue. « On va continuer à assumer notre rôle d’opposition frontale tout en proposant, et ce dès lundi sur le projet de loi dit antiterroriste, des alternatives aux mesures liberticides », indique Bastien Lachaud. « Notre rôle se poursuit également dans la rue, avec la marche du 23 et notre présence auprès des syndicats lors des autres mobilisations contre la destruction de l’ordre social », poursuit le député de Seine-Saint-Denis.

Les insoumis continueront de déposer de nombreux amendements, même si ces derniers ne sont pas retenus par la majorité. « Il n’y a pas de découragement, car nous parlons au-delà des murs de l’Assemblée pour montrer aux gens qu’un autre monde est possible ».

Les Républicains : « Trouver un angle d’attaque face au gouvernement »

La droite s’est retrouvée mercredi et jeudi à Troyes pour un « séminaire de travail » sur le thème des territoires oubliés. L’occasion de fourbir ses armes. « L’objectif était double, avance Damien Abad, député de l’Ain. Fédérer les parlementaires, dégager un esprit de groupe dans une période de campagne pour la présidence LR et trouver un angle d’attaque face au gouvernement, en ciblant la France des territoires, les oubliés de la mondialisation heureuse d’Emmanuel Macron ».

Les Républicains ont eu de mal cet été à endosser le costume d’opposant, face à un Premier ministre venu de ses rangs. « On a voté les ordonnances et on continuera à les soutenir car nous ne sommes pas dans l’opposition spectacle et sectaire à la Mélenchon. Notre rôle est de construire un projet d’alternance », répond le député. Dans leur viseur : la loi sécurité, jugée trop laxiste et le budget. « Nous avons des divergences sur la fiscalité notamment, avec le scandale de la hausse de la CSG, qui fait payer les retraités et les exploitants agricoles ».

La Nouvelle Gauche (ex-Ps) : « Une opposition responsable et imaginative »

Laminé aux législatives, le groupe socialiste peine à trouver sa place. « Les Insoumis sont entrés dans l’opposition par une victoire en passant de 0 à 16 députés, nous, on y entre par une défaite cinglante. Mais même à 31 députés, il n’y a aucune résignation », indique Boris Vallaud. Le porte-parole de la Nouvelle gauche balaye les divisions qui ont émergé au sein du groupe, sur son positionnement face à la réforme du Code du travail notamment. « Ces impressions ne sont pas fondées, nos députés ont tous voté contre les ordonnances. Il n’y a pas plusieurs lignes, mais une vraie cohésion. Nous sommes dans une opposition responsable et imaginative : nous ferons émerger des propositions ».

Le Front National : « Le système veut nous empêcher de nous exprimer »

Les députés frontistes se sont montrés très discrets cet été. La faute au système, pour Sébastien Chenu. « Il y a une volonté manifeste du système de nous empêcher de nous exprimer. Avec la bénédiction absolue de tous les élus qui s’entendent pour nous bâillonner ». Le député frontiste accuse notamment François de Rugy de s’opposer à son projet de résolution visant à abaisser de 15 à 10 le nombre de députés nécessaires à la formation d’un groupe. Le Front national espère pouvoir former un groupe pour obtenir plus facilement des postes à responsabilité et surtout bénéficier d’un temps de parole élargi.

En attendant, le FN continuera de déposer des amendements. « Nous avons beaucoup travaillé sur la loi de sécurité, et voulons faire entendre une autre voix. On ne fera pas le spectacle comme Mélenchon. Lui veut renverser le gouvernement, nous voulons aider les Français ».