Si Philippot refuse d'abandonner la présidence des Patriotes, Marine Le Pen prendra «ses responsabilités»

DISCORDE «On ne fera pas la refondation avec un pistolet sur la tempe», a prévu le vice-président du FN…

20 Minutes avec AFP

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Florian Philippot et Marine Le Pen à Nanterre en mars 2015
Florian Philippot et Marine Le Pen à Nanterre en mars 2015 — Chamussy

Florian Philippot va devoir faire un choix entre son mouvement, Les Patriotes, et le Front national. La présidente du Front national, Marine Le Pen, a demandé ce mardi à son vice-président de « lever » les « ambiguïtés » liées à la création de son mouvement.

« Florian est un dirigeant politique. Il sait, je crois, que la création des "Patriotes" au moment des législatives a créé une forme d’émoi au sein du Front national, auprès des adhérents du Front national, et même certaines inquiétudes », a déclaré Marine Le Pen sur RTL.

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« Moi, je lui fais confiance pour lever ces ambiguïtés, pour rassurer les adhérents du Front national et pour, je le souhaite, se reconcentrer, comme l’intégralité des dirigeants du Front national, sur cette grande œuvre de refondation », a-t-elle poursuivi.

S’il refuse de quitter la présidence des Patriotes, Marine Le Pen « prendra ses responsabilités »

« On va trouver une solution, il n’y a aucune difficulté là-dessus ». S’il refuse d’en abandonner la présidence ? « Si c’est le cas, je prendrai comme présidente du Front national mes responsabilités », a-t-elle dit.

Cette association, « ce n’est pas un souci majeur. Mais Florian est vice-président chargé de la communication et de la stratégie du Front national. Il est évident que s’il passe l’intégralité de son temps à faire la stratégie et la communication d’une petite association, "Les Patriotes", les adhérents du Front national vont se sentir un peu orphelins », a fait valoir Marine Le Pen.

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« Tous les membres, tous les dirigeants, tous les vice-présidents du Front national sont importants. Je tiens à ce qu’ils restent tous au Front national, qu’ils travaillent tous ensemble, qu’ils ne fassent pas preuve de mauvaise humeur ». Dans le cadre du congrès du FN prévu en mars, « chacun doit pouvoir exprimer ses positions, le débat doit pouvoir avoir lieu en interne », a demandé Marine Le Pen.

« On ne fera pas la refondation avec un pistolet sur la tempe »

La réponse de Florian Philippot à la requête de Marine Le Pen n’a pas tardé. « On ne fera pas la refondation avec un pistolet sur la tempe », a déclaré toujours ce mardi le vice-président du Front national « Je lui ai répondu, ainsi qu’au bureau politique, que je ne comprenais pas cette demande et que je ne pouvais donc pas y répondre », a déclaré Florian Philippot sur RMC/BFMTV.

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« Je ne comprends pas du tout où est le problème avec cette association ». « Je note que d’autres vice-présidents comme Louis Aliot sont également présidents d’associations » et « on ne leur a jamais rien demandé », a-t-il poursuivi. Quitter la présidence des « Patriotes », « ce serait démontrer que notre parti n’est pas capable du minimum syndical d’ouverture démocratique qu’un grand parti moderne qui aspire au pouvoir en 2017 doit être capable d’assurer », a-t-il dénoncé.