Défense: Il va falloir «faire des choix», prévient le chef d'état-major des armées

DEFENSE Plus de 30.000 militaires sont actuellement mobilisés entre défense du territoire national, opérations extérieures et différentes missions de surveillance et de protection dans le monde..

20 Minutes avec AFP

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Le nouveau chef d'état-major des armées, le général François Lecointre
Le nouveau chef d'état-major des armées, le général François Lecointre — Claude Paris/AP/SIPA

L’armée française ne pourras pas être sur tous les fronts. Le nouveau chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, a jugé ce lundi qu’il allait falloir faire des « choix » dans la « modulation » des opérations militaires afin de regagner des marges de manœuvre.

Pour regagner des capacités militaires, il « faudra faire des choix entre la régénération nécessaire de nos armées », c’est-à-dire la maintenance des équipements existants, et le « renouvellement » des moyens, a-t-il déclaré à l’Université d’été de la défense à Toulon (Var).

« Nous redonner des marges de souplesse »

Il faudra « peut-être aussi, pour être capable de gérer de front la régénération et le renouvellement, faire des choix de modulation de nos engagements », a-t-il ajouté devant un parterre de parlementaires et de militaires sur le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Mistral.

« C’est une nécessité à laquelle nous devons tous nous atteler, ne serait-ce que pour nous redonner des marges de souplesse. Qui sait où il faudra que nous soyons capables d’intervenir dans un an ou un an et demi ? », a-t-il lancé.

Plus de 30.000 militaires sont actuellement mobilisés entre défense du territoire national (Sentinelle), opérations extérieures et différentes missions de surveillance et de protection dans le monde.

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La France très engagée au Sahel et au Moyen-Orient

Les armées françaises sont notamment très engagées au Sahel, dans l’opération Barkhane (4.000 hommes), et dans la lutte contre l’organisation de l’Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie.

Au Sahel, la montée en puissance d’une force conjointe de cinq pays de la région - le G5 Sahel - pourrait permettre de réduire progressivement l’implication militaire de la France. Au Moyen-Orient, Deash est en passe de perdre tous ses grands bastions, ce qui laisse entrevoir une réduction prochaine des opérations contre ce groupe.

La « violence » de la « frange la plus extrême de l’islam, qui voit bien que le monde moderne lui impose des règles de vie, des conceptions sociétales qui la brutalisent », va « malheureusement durer encore très longtemps », a toutefois anticipé le général Lecointre.

Un effort budgétaire global 

Dans ce contexte de menaces tous azimuts, le président Emmanuel Macron s’est engagé à porter l’effort de défense à 2 % du produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2025, avec une première hausse conséquente de 1,8 milliard d’euros du budget des armées en 2018.

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En 2017, il a décidé toutefois de procéder à une coupe de 850 millions d’euros dans les programmes d’équipements des armées, sur fond d’effort budgétaire global, ce qui a conduit à une crise avec le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, et à sa démission en juillet.

« La trajectoire budgétaire qui se dessine [à l’horizon 2025] devrait permettre progressivement une soutenabilité complète des nouveaux contrats [opérationnels des armées] à l’horizon de 2030 », a estimé son successeur, François Lecointre, sans plus de précisions.