VIDEO. Présidence des Républicains: Les détracteurs de Wauquiez veulent peser sur sa ligne droitière

CAMPAGNE Des cadres du parti Les Républicains tentent de faire pression sur le favori à la présidence du mouvement, Laurent Wauquiez, critiqué pour sa radicalité...

Anne-Laëtitia Béraud

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Laurent Wauquiez, président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes, le 3 septembre 2017 au Mont Mezec
Laurent Wauquiez, président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes, le 3 septembre 2017 au Mont Mezec — Alain ROBERT/SIPA
  • Laurent Wauquiez semble aujourd'hui le favori de l'élection pour la présidence du parti Les Républicains, les 10 et 17 décembre 2017.
  • Ses détracteurs, à l'instar de Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, font pression pour éviter le rapprochement supposé de la ligne du parti avec les idées du FN.
  • La présidente LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse agite la menace de quitter le parti si Laurent Wauquiez est élu président.

Laurent Wauquiez, président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a officialisé dimanche en Haute-Loire sa candidature à la présidence du parti Les Républicains. Apprécié des militants nostalgiques de Nicolas Sarkozy, l’ancien pourfendeur de l'«  assistanat » a, du côté des cadres, de solides inimitiés. « Tout le monde le hait » aurait ainsi lâché Jean-François Copé à Marianne. L’élection de Laurent Wauquiez à la tête du parti en décembre semble pourtant acquise. Les prétendants les plus sérieux, les présidents de région Xavier Bertrand (Hauts-de-France) et Valérie Pécresse (Ile-de-France), un temps tentés, ont renoncé à mener cette campagne. Mais pas à s'exprimer. En multipliant les interventions pour décrire un Laurent Wauquiez replié sur une ligne dure, à droite de la droite ou courant après le FN, ils tentent de faire pression sur lui.

Menace de départ du parti

Fin juin, Xavier Bertrand a accusé Laurent Wauquiez sans le nommer de « courir après l’extrême droite ». Des termes repris par Valérie Pécresse lundi sur France inter, affirmant que « si on court après le FN, ça ne sera pas ma droite ». La présidente de région a agité la menace de l’explosion du parti, précisant que si des « lignes rouges » sont franchies, à savoir « la porosité avec le FN » et l’uniformité du parti, elle quittera LR. Son mouvement « Libres ! » est d’ailleurs fin prêt, son lancement officiel étant programmé le 10 septembre.

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Agiter le chiffon rouge de l’explosion du parti est-il un coup de bluff de la part des détracteurs de Laurent Wauquiez ? Pour un élu francilien Les Républicains, « la menace est réelle, ce n’est pas du bluff. Laurent Wauquiez est aujourd’hui dans la radicalisation d’un mouvement qui ressemble de plus en plus à un bateau mort. Il n’a pas de vision, il va dans tous les sens comme une girouette, mais c’est toujours pour servir son plan de carrière », affirme-t-on.

« Les lignes politiques différentes […] ont toujours existé à droite »

Un commentaire à mille lieues de celui du député LR des Bouches-du-Rhône Eric Diard. L’homme, revenu à l’Assemblée nationale à la faveur des dernières législatives, se dit proche de Xavier Bertrand. Mais soutient sans hésitation Laurent Wauquiez, qu’il a écouté lors de la rentrée politique du président de région à Châteaurenard, le 30 août. « Les lignes politiques différentes, cela a toujours existé à droite, avec Charles Pasqua, Philippe Séguin ou Alain Juppé, alors arrêtons de jeter l’anathème sur Laurent Wauquiez car il sait respecter la diversité », tranche Eric Diard.

A propos des critiques sur la droitisation du parti menée par Laurent Wauquiez, le député estime qu’« on lui fait à un mauvais procès, en disant qu’il est sous la coupe de [l’idéologue issu de l’extrême droite] Patrick Buisson, alors que je n’en ai jamais eu la preuve. On oublie aussi deux choses : Laurent Wauquiez est le successeur [de la figure centriste qui l’a adoubé en Haute-Loire] Jacques Barrot. Au fond de lui, il est sensible au social. Ensuite, Laurent Wauquiez sait et va s’entourer de personnes qui vont rassurer les électeurs à propos de la droitisation. Ce n’est pas anodin si la juppéiste Virginie Calmels l’a rejoint. »

Laurent Wauquiez, président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et Virginie Calmels, adjointe au maire de Bordeaux, le 3 septembre 2017 au Mont Mezec
Laurent Wauquiez, président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et Virginie Calmels, adjointe au maire de Bordeaux, le 3 septembre 2017 au Mont Mezec - Alain ROBERT/SIPA

Dimanche en Haute-Loire, l’adjointe au maire de Bordeaux Virginie Calmels, décrite comme la dauphine d’Alain Juppé, s’est affichée au côté du prétendant à la présidence du parti. Une initiative qui ne semble pas avoir été du goût d’Alain Juppé, ce dernier affirmant lundi qu’il « ne parraine personne » et reste « attentif aux lignes rouges ».

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Conscient de n’être pas le plus aimé des cadres, Laurent Wauquiez a tenté de son côté l’apaisement en taisant, ces derniers jours, les sujets qui fâchent à droite, comme l’Europe. Il a aussi affirmé que le parti ne fera jamais d’alliance avec le FN, sans pour autant masquer son ambition de reconquérir l’électorat séduit par Marine Le Pen.