Macron entend «l'impatience du peuple» mais demande à être jugé sur la durée

POLITIQUE Dans un entretien fleuve accordé au « Point », le président assure qu’il n’oublie pas les circonstances dans lesquelles il a été élu : « la brûlure de l’attente, de la colère, du populisme, je l’ai encore »…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron
Emmanuel Macron — Vadim Ghirda/AP/SIPA

En chute dans les sondages après trois mois à l’Elysée, Emmanuel Macron reconnaît, dans la première grande interview de sa présidence, « l’impatience du peuple » mais assume les efforts demandés et veut être jugé sur la durée, promettant une transformation profonde du pays.

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Sur plus de 20 pages, il détaille dans l’hebdomadaire Le Point à paraître jeudi ses vastes ambitions pour refaire de la France une « grande puissance » internationale tout en réalisant des réformes de grande ampleur sur tous les fronts - éducation, code du travail, aides sociales, fiscalité, logement, sécurité. Une ambition assumée, qu’il voudrait insuffler au pays pour qu’il « redevienne un pays fier » et « sorte de l’esprit de défaite ».

« La brûlure de l’attente, de la colère, du populisme, je l’ai encore là »

« Je crois en la reconstruction d’un héroïsme politique, d’une vraie ambition, pour atteindre y compris ce qui est décrit comme impossible », dit-il, citant son propre succès comme une revanche sur « ce qui est décrété impossible ». Pas question de juger son action sur cent jours, qui « ne sont pas une étape pertinente », dit-il, car « on ne fait pas les choses en cent jours ».

Mais Emmanuel Macron sait qu’il devra « vivre pendant des mois avec l’impatience du peuple » Il n’oublie pas les circonstances dans lesquelles il a été élu, « la brûlure de l’attente, de la colère, du populisme, je l’ai encore là », confie-t-il en désignant sa nuque.

Dans cet entretien fleuve, il défend toutes les décisions prises depuis son investiture, et estime que la France ne doit pas être « une grande puissance moyenne, mais une grande puissance tout court », lance Emmanuel Macron. « Les forces du monde ancien sont toujours là, toujours engagées dans la bataille pour faire échouer la France », a-t-il accusé.

Aussi, celui qui dit continuer à lire « tous les jours » car « quand on oublie de lire, on se trompe », veut-il « des rêves, des récits collectifs », un « imaginaire de conquête », afin que la France « redevienne un pays fier » et « sorte de l’esprit de défaite ».