Enfin, Nicolas Sarkozy s'exprime... et délivre ses conseils à Macron

PRESIDENT Il a accordé sa première interview depuis sa défaite cuisante à la primaire de la droite...

D.B.

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L'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy
L'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy — MIGUEL MEDINA / AFP

Depuis son retrait de la scène politique, on n'avait plus trop de nouvelles de l'ancien président. Mais il sort enfin du silence dans une interview à Emile Boutmy magazine, le journal des Sciences-Po. Nicolas Sarkozy se confie tout d'abord que la manière dont il a vécu son échec à la primaire de droite. «L'échec n'est jamais décevant, le succès l'est souvent, ne serait-ce parce qu'il passe très vite. En plus, les gens ne vous regardent pas, ils regardent le soleil, la lumière. Dans l'échec, c'est vous qu'ils regardent. Je ne garde aucun souvenir de mes succès, je garde un souvenir très précis de mes échecs. Il n'y a pas de noblesse si on ne sait pas perdre.», déclare-t-il.

Quelques conseils de président expérimenté...

Avant d'évoquer sa vie d'après: «Il n'y a pas un après, il y a une vie qui continue. J'ai vécu, j'ai respiré, j'ai aimé, je suis battu avant d'être Président, donc j'ai continué tout ça après. C'est de l'extérieur qu'on met une césure. Vous croyez que la vie commence quand on entre à l'Elysée et qu'elle s'arrête quand on en sort? Je suis comme le héros de Dostoïevski dans Crime et châtiment : «La renaissance lente mais certaine». On renaît d'un échec professionnel, d'un échec familial...», confie-t-il. 

Nicolas Sarkozy  ne peut pas s'empêcher non plus de commenter la séquence politique actuelle et d'adresser quelques conseils à Emmanuel Macron: « Le calendrier du président de la République est simple : c’est tout de suite. Tout ce que vous ne faites pas en juillet, vous ne le ferez pas en septembre, et tout ce que vous ne faites pas en septembre, vous ne le ferez pas en décembre», assure-t-il. Selon lui, Emmanuel Macron doit fortement se positionner sur l'Europe: « Le président français doit être un grand européen. Il faut proposer un nouveau traité », déclare-t-il.

Mais il reconnaît des qualités au nouveau président, notamment celui d'avoir su donner des coups de pieds dans la fourmilière: «Sans transgression, sans rupture des habitudes, sans pensées libres, il n'y a pas de progrès [...] Macron y est arrivé, c'est vrai, et ce n'est pas si facile», indique-t-il.