Anne Hidalgo exprime ses réserves sur le début du quinquennat d'Emmanuel Macron

OPINION La maire de Paris fait toutefois preuve de mesure dans ses critiques...

D.B. avec AFP
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Anne Hidalgo et Emmanuel Macron, le 2 juin 2017 à Paris. Christophe Petit-Tesson/Pool Photo via AP
Anne Hidalgo et Emmanuel Macron, le 2 juin 2017 à Paris. Christophe Petit-Tesson/Pool Photo via AP — Christophe Petit-Tesson/AP/SIPA

Leurs relations ont été tendues, puis plus cordiales. Mais le resteront-elles? La maire de Paris Anne Hidalgo (PS) a émis des réserves sur le début de quinquennat d’Emmanuel Macron dans un entretien au Journal du Dimanche. Elle estime qu'il faut laisser «le temps» à Emmanuel Macron et qu'il «est trop tôt pour tirer des bilans» même si elle juge qu'il y a «un autre chemin que la dérégulation».

Bien sûr Anne Hidalgo «n'envisage pas d'adhérer à En marche», mais «n'a pas à se définir comme opposante», déclare-t-elle. «En tant que maire de Paris, y aura-t-il des moments où je serai amenée à dire que je ne suis pas d'accord avec le gouvernement ? Sûrement. Mais je ne vais pas les définir a priori», insiste-t-elle.

Elle tacle la méthode Macron sur la réforme du travail

Pas question pour autant de rester muette sur la réforme du marché du travail  à venir. Elle considère que «les ordonnances ne sont pas une méthode moderne de gouvernance». «Ma conviction, c'est qu'il y a un autre chemin possible que la dérégulation», insiste-t-elle. «Nous avons besoin de reconstruire dans notre pays une force politique de gauche qui soit sociale-démocrate, européenne et écologiste».

Si elle dit «espérer» que la reconstruction de cette force sociale-démocrate «passe par le PS», la maire de Paris estime qu'il «faudrait un PS plus écolo et réellement social-démocrate». Dans cette reconstruction, l'ancien président François Hollande «aura le rôle qu'il a envie de jouer», même si, à ses yeux, il n'a «pas spécialement» sa place.

Pas de désaccord pour l'heure sur le dossier des réfugiés

Sur  la question des réfugiés, «le président de la République m'a assuré de son soutien», dit-elle. «Je n'ai aucune raison de ne pas faire confiance à une parole donnée». «Il faut ouvrir de nouveaux centres de premier accueil dans les grandes villes, ne serait-ce que quatre ou cinq, en priorité le long du couloir rhodanien qui est une route migratoire. Et consacrer des moyens importants à l'intégration et à l'apprentissage du français», assure Anne Hidalgo. «Je suis partenaire de l'État tant que nous sommes sur la même longueur d'onde».

Interrogée sur sa politique vis-à-vis de l'automobile à Paris, Anne Hidalgo affirme qu'elle ne se laissera «pas intimider. Personne n'ignore aujourd'hui que la pollution de l'air tue. Un jour, tous les politiques qui savaient mais n'ont pas voulu agir seront mis face à leurs responsabilités. Je préfère être du bon côté de l'Histoire», dit l'élue qui va «continuer» quand on l'interroge sur sa candidature pour sa succession en 2020.