Front national: Robert Ménard remet en cause Marine Le Pen comme cheffe du parti

PARTI Le maire de Béziers estime qu'il faut changer les têtes après la défaite à la présidentielle...

D.B.

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Robert Ménard, la maire de Bézier.
Robert Ménard, la maire de Bézier. — SYLVAIN THOMAS / AFP

Ça balance toujours pas mal au FN. Cette fois-ci, c’est au tour de Robert Ménard, maire de Béziers, élu en 2014 avec le soutien du Front national. Dans une Lettre ouverte à mes amis du Front national diffusée mardi soir par Le Figaro, il plaide pour le renouvellement des têtes, dont éventuellement celle de Marine Le Pen.

Après un débat lors du second tour de la présidentielle de la candidate FN face à Emmanuel Macron que Robert Ménard juge « calamiteux », ce dernier s’interroge ouvertement sur un sujet selon lui « tabou » : « si Marine Le Pen a su sortir le FN de l’attitude uniquement protestataire où le cantonnait son père, est-elle aujourd’hui en position de le porter au pouvoir ? », demande-t-il.

Il prône des alliances à droite

« Les pas de danse esquissés le soir de la défaite alors que des millions de Français portaient le deuil d’un score humiliant resteront pour longtemps dans ma mémoire », lâche-t-il, faisant référence à la soirée de second tour de Marine Le Pen dans un restaurant du bois de Vincennes.

Robert Ménard demande « surtout » au FN de se rendre « plus fréquentable » auprès de la droite « classique » et de « ne pas mettre tous les responsables des Républicains dans le même panier ». Pour l’ancien patron de Reporters sans Frontières, il faut « s’appuyer sur une jeune génération de militants aguerris dans les rangs de la Manif pour tous » et « s’inspirer du travail de ces élus locaux - souvent "divers droite"- qui se coltinent le réel ».

Florian Philippot tacle Robert Ménard

Enfin, il faut « en finir avec cette vieille chimère d’une alliance possible avec les "souverainistes de gauche", une ligne incarnée aujourd’hui par Florian Philippot, manifestement plus soucieux de son avenir que de celui de son parti », déclare-t-il.

Robert Ménard déplore enfin que Marion Maréchal-Le Pen, dont il était un fervent partisan mais qui est désormais en retrait temporaire de la vie politique, se soit « mise elle-même hors course, nous lâchant au pire des moments ».

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Des propos qui ont immédiatement fait réagir le vice-président du Front national (FN), Florian Philippot. « Il n’y a pas de doute qui s’exprime » sur le leadership de Marine Le Pen, a-t-il assuré. « On a entamé une refondation pour aller vers un Front national qui va probablement devenir une nouvelle force politique, comme Marine l’a dit, et qui veut être plus rassembleur. Je pense, au contraire de ce que dit Robert Ménard, qu’il faut être plus ouvert, plus rassembleur, plus moderne, plus connecté avec la société française et faire l’union des patriotes », a-t-il ajouté.