Terrorisme: Un rapport critique l'application «alerte attentat» du gouvernement

TECHNOLOGIES Le système avait été sévèrement éreinté après l’attentat de Nice...

20 Minutes avec AFP

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Capture d'écran application SAIP du ministère de l'Intérieur
Capture d'écran application SAIP du ministère de l'Intérieur — ministère de l'Intérieur

Une application conçue « dans l’urgence », « ce qui a nui à la qualité du produit final ». Le rapport du sénateur LR Jean-Pierre Vogel, transmis ce dimanche à plusieurs médias, n’est pas tendre avec l’application SAIP créée à la suite des attentats du 13 novembre 2015. Elle devait servir à alerter la population en masse en cas d’attentats.

Problème : la communication s’est avérée défaillante. Au moment de l’attentat de Nice le 14 juillet 2016, l’alerte avait été lancée… deux à trois heures après l’attaque. Des administrations ont ainsi décidé de se passer de l’outil : lors des dernières attaques dans la capitale, la préfecture de Police de Paris a diffusé ses messages en priorité sur Twitter.

L’argent des sirènes

Outre sa fiabilité, le rapport reproche aussi à SAIP de n’être disponible que sur certains téléphones. Résultat : seulement 500.000 personnes possèdent l’application. « Il me semble également nécessaire (…) que soit faite une publicité plus grande visant à augmenter le nombre d’utilisateurs, (…) pour qu’elle constitue un vecteur efficace de l’alerte » écrit Jean-Pierre Vogel.

Plus étonnant, le document révèle que 80 % des 44,7 millions d’euros destinés au système d’alerte depuis 2012 ont été investis dans… les sirènes. « Ce choix est contestable » assène le rapport, expliquant que « les sirènes, initialement installées pour répondre au risque de bombardement aérien pendant la Guerre froide, [ne sont] aujourd’hui quasiment jamais utilisées dans d’autres contextes que ceux des essais hebdomadaires ». Jean-Pierre Vogel propose d’explorer d’autres pistes, notamment celle d’alerte par SMS, qui avait déjà été envisagée.