Pourquoi Emmanuel Macron dévisse-t-il dans les sondages?

ELYSEE Le président de la République accuse une chute de popularité quasi inédite sous la Ve République...

H. B. avec AFP

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Emmanuel Macron à Istres, le 20 juillet 2017.
Emmanuel Macron à Istres, le 20 juillet 2017. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP

La cote de confiance du président est au plus bas. Trois mois après son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron accuse une chute de popularité quasi inédite sous la Ve République. Depuis quelques jours, les sondages s’enchaînent, tous aussi mauvais les uns que les autres pour le chef de l’Etat.

Selon un sondage Elabe publié ce jeudi, seulement 40 % des Français interrogés déclarent lui faire confiance pour affronter les problèmes du pays. Une orientation confirmée par un autre sondage, celui de YouGov, également diffusé ce jeudi. Seulement 36 % des sondés portent un jugement positif sur son action. Une baisse de popularité du président déjà enregistrée fin juillet lors d’un précédent sondage conduit par l’Ifop où Emmanuel Macron enregistrait déjà une chute de dix points.

Une « politique d’austérité »

Selon le politologue Jérôme Fourquet de l’Ifop, cette chute dans les sondages «inégalée lors du premier été d’un mandat présidentiel sous toute la Ve République », à l’exception de Jacques Chirac en 1995 [élu sur la réduction de la fracture sociale, il avait annoncé un tour de vis sur la Sécu considéré comme un reniement de ses promesses électorales], est « le signe d’un profond hiatus entre la communication présidentielle et la « politique d’austérité » conduite par l’exécutif ».

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« C’est la résultante de mécontentements et de griefs divers qui émanent de catégories de la population très différentes. La baisse est particulièrement marquée dans la fonction publique, 18 points contre 10 en moyenne. Elle témoigne ici d’un mécontentement catégoriel et salarial (…) Le deuxième foyer de mécontentement important, ce sont les retraités qui s’inquiètent vivement de la hausse annoncée de la CSG », explique le politologue.

Une « communication présidentielle » laborieuse

« Les critiques portent aussi sur l’attitude d’Emmanuel Macron à l’égard du général de Villiers. Beaucoup y voient un excès d’autoritarisme conjugué au reniement de la parole donnée sur le budget de la défense. A cela, s’ajoutent, plutôt dans l’électorat de gauche, des critiques sur la réception en grande pompe à Paris de Vladimir Poutine et Donald Trump, ajoute Jérôme Fourquet.

Au sein du gouvernement, on relativise cette chute dans les sondages. « On n’a jamais cru à l’état de grâce. C’est vrai qu’en ce moment, il y a un emballement sur tous les sujets. On rentre dans le dur, mais on y est préparé », explique un ministre interrogé par Europe 1. « On n’a pas commenté les sondages pendant la campagne, alors on ne va pas commencer à le faire maintenant », ajoute ce membre du gouvernement.