Parti socialiste: Mais où pourrait-il s’installer en cas de vente de Solférino?

IMMOBILIER La question est loin d’être nouvelle chez les socialistes…

Nicolas Raffin
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Le siège du PS rue de Solférino (Paris 7e) en 2012.
Le siège du PS rue de Solférino (Paris 7e) en 2012. — V. WARTNER / 20 MINUTES
  • Le PS est installé rue de Solférino depuis plus de 30 ans.
  • Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent pour vendre le bâtiment.
  • L’opération permettrait de renflouer les caisses.

Vendra, vendra pas ? Dans son édition du 2 août, le Canard Enchaîné relance le feuilleton sur l’avenir du siège du Parti socialiste. Installé depuis les années 1980 rue de Solférino dans le 7e arrondissement de Paris, à deux pas de l’Assemblée nationale, le PS aurait décidé de mettre son bâtiment en vente selon l’hebdomadaire.

Si les responsables du parti ont ensuite indiqué que la question n’était pas tranchée, le débat sur l’emplacement se pose d’autant plus que le PS va voir ses recettes chuter lourdement après sa débâcle aux législatives.

>> Vente du siège du PS à Solférino: La décision sera prise «à la fin du mois d’août»

Sur le papier, l’opération s’annonce juteuse. D’après la cartographie établie par les notaires d’Ile-de-France, le prix du mètre carré (pour des logements) est compris entre 11.000 et 13.000 euros dans le secteur de Solférino. Sachant que l’immeuble du PS s’étend sur 3.000 mètres carrés, sa vente pourrait donc rapporter entre 33 et 39 millions d’euros (le Canard Enchaîné évoque 40 millions d’euros).

Le 7e arrondissement de Paris est l'un des plus chers de la capitale.
Le 7e arrondissement de Paris est l'un des plus chers de la capitale. - Notaires Paris-Ile de France

De quoi rembourser largement la mise de départ : en 1986, le parti avait acheté le bâtiment pour… 8 millions d’euros (53 millions de francs). Une fois cet argent accumulé, où le PS pourrait-il déménager ? Petit exercice d’immobilier-fiction.

Rester dans Paris

Pour le député PS de Seine-et-Marne, Olivier Faure, si la vente de Solférino était actée, il ne faudrait pas pour autant trop s’éloigner. « Un siège de parti, c’est fait pour que les gens puissent y venir et c’est un lieu de démocratie, explique-t-il à 20 Minutes. Il faut un endroit central, accessible par le train. L’idée est aussi de faire en sorte qu’il soit proche des lieux où se fabrique la loi ».

>> Voir aussi : VIDEO. Il pompe les «derniers souffles du PS» devant Solférino pour les vendre en boîte

Si l’on tient compte des résultats lors de la dernière présidentielle, le PS a réalisé ses « meilleurs » scores parisiens dans les quartiers du Nord-est (19e et 20e arrondissements notamment).

Le point de vue immobilier. Dans ces zones, le prix des loyers est 30 à 40 % moins cher qu’en plein cœur du 7e arrondissement. En plus de se « rapprocher » de son électorat, le déplacement du siège dans ce secteur serait aussi une bonne opération financière.

S’installer en banlieue

L’idée de s’implanter au-delà du périphérique parisien n’est pas récente. En août 2014, le mouvement « Inventons demain », issu du PS, publie une tribune intitulée « Socialistes, vendez Solférino ! ». Les auteurs souhaitaient « l’implantation du siège du PS dans un quartier populaire de la banlieue parisienne ».

Un an plus tard, lors du congrès des socialistes à Poitiers, quatre motions s’affrontent. Parmi elles, la motion « D » reprend l’idée de vendre le prestigieux siège pour s’installer en banlieue. Pour les signataires de cette motion, le décalage est trop grand avec la base électorale. « Y a-t-il un sens à garder nos locaux dans un grand hôtel particulier de style bourgeois, peu fonctionnel, protégé par d’épaisses grilles d’acier, situé dans l’arrondissement le plus cher de la ville la plus chère de France ? » écrivent-ils alors.

Finalement, cette motion obtiendra seulement 9,5 % des voix, loin derrière la motion B des « frondeurs » (29 %) et la motion A soutenue par le gouvernement socialiste (60 %). Malgré ce revers, certains n’ont pas abandonné l’idée. « Je n’ai pas changé d’avis » indique la députée du Tarn-et-Garonne Valérie Rabault, signataire de la motion D en 2015.

Le point de vue immobilier. Si le PS décidait de s’installer à Saint-Denis - Benoit Hamon y a recueilli 9,66 % des suffrages à la présidentielle, contre 6,5 % au niveau national -, il devrait débourser un peu plus de 6 millions d’euros pour s’offrir un bâtiment de la même superficie que celui qu’il possède en plein coeur de Paris.

Quitter l’Ile-de-France

La mesure serait radicale et inédite : tous les grands partis ont leur siège en région parisienne. Pourtant, en juin dernier, le site Les Jours révèle que La France insoumise pourrait se délocaliser en partie à Marseille, là où Jean-Luc Mélenchon s’est fait élire.

Un tel changement serait-il aussi envisageable au PS ? Olivier Faure balaie l’idée : « Imaginons que vous êtes un dirigeant habitant à Toulouse, et que vous mettiez des heures à venir au siège, argumente-t-il. Au bout d’un moment, vous ne viendrez plus et ce sont les élus les plus proches du siège qui définiront la ligne du parti ». Le conseil national du parti, prévu fin août, devrait permettre d’en savoir plus sur la future maison des socialistes.

Le point de vue immobilier. Si contre toute attente, le PS décidait d’aller s’installer à Marseille, il lui en coûterait environ 6 à 7 millions d’euros, si l’on se base sur les immeubles de même taille actuellement en vente. Et encore, avec une telle somme, le parti n’aurait pas vue sur le Vieux-Port.