VIDEO. Nouveau cafouillage à l'Assemblée, les Insoumis quittent l'hémicycle

«ALLEZ ON S'EN VA» Tollé également chez de nombreux députés LR et PS...

20 Minutes avec AFP

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Assemblée nationale (illustration).
Assemblée nationale (illustration). — NICOLAS MESSYASZ / SIPA

Un nouveau cafouillage sur un vote est intervenu jeudi soir lors des débats sur le projet de loi de moralisation de la vie politique, lorsque le décompte à main levée par le président de séance sur un amendement a été vivement contesté dans l’hémicycle, provoquant le départ des Insoumis.

L’amendement concerné du MoDem, assez anodin, visait à remédier aux difficultés que rencontrent parfois des candidats pour ouvrir un compte de campagne dans une banque. Il demandait à un médiateur de crédit de trouver une solution de conciliation dans un délai d’un mois.

Amendement rejeté et pluie de protestations

Lors du vote à main levée, le président de séance Hugues Renson (La République en marche) a estimé que l’amendement était rejeté, provoquant des protestations sur de nombreux bancs dans l’hémicycle qui avaient l’impression qu’il avait été adopté.

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Estimant avoir « une meilleure vision depuis le perchoir », Hugues Renson a refusé de se déjuger, restant sourd aux demandes de refaire le vote, malgré les vives protestations, certains députés se levant eux-mêmes pour refaire le vote.

Le président du groupe PS Olivier Faure tentait en vain de solliciter une seconde délibération dans l’hémicycle de la part de la ministre ou de la rapporteure, comme elles en ont la possibilité.

« Allez on s’en va »

« Franchement c’est saoulant. On demandait juste un geste de bonne volonté. Maintenant vous nous dites que c’est trop cher. Allez on s’en va, restez entre vous, bonsoir », a lancé le président du groupe La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon.

Mais aucun autre groupe ne suivait les Insoumis et les débats reprenaient vers minuit, avec encore plus de 200 députés présents.

Plus de 350 amendements restaient encore à discuter d’ici vendredi soir sur les deux projets de loi (ordinaire d’abord puis organique ensuite) soumis aux députés.

Mais vers 01h00, nouvel incident de séance, lorsque Hugues Renson annonçait la poursuite des débats sur le projet de loi ordinaire mais avec un vote qui n’aurait lieu qu’à l’issue des débats sur le projet de loi organique, soit vendredi soir.

Suspension de séance vers 01h30

Tollé de nombreux députés LR et PS, présents depuis lundi quasiment non-stop dans l’hémicycle, qui avaient prévu de rentrer vendredi dans leur circonscription et auraient voulu voter avant.

Christian Jacob (LR) et Olivier Faure (PS) demandaient alors la convocation d’une conférence des présidents pour faire avancer ce vote.

« Nous n’avons pour discuter ni le président de l’Assemblée (François de Rugy), ni le ministre des Relations avec le Parlement (Christophe Castaner), ni le chef du groupe majoritaire (Richard Ferrand) », tous trois absents des débats ce soir, protestaient-ils.

Face à la confusion menaçant de s’installer, Hugues Renson décidait, après une ultime suspension, de lever la séance vers 01h30.

Un gros sujet reste notamment à aborder, la suppression de la réserve parlementaire grâce à laquelle députés et sénateurs peuvent financer des projets d’intérêt local ou associatifs de leur choix.