VIDÉO. Suspensions de séance, frictions, «exfiltration»... Que s'est-il passé à l'Assemblée nationale?

PARLEMENT De nombreux incidents ont émaillé les débats tout au long de l’après-midi...

H. B.

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Assemblée nationale (illustration).
Assemblée nationale (illustration). — NICOLAS MESSYASZ / SIPA

La deuxième séance de débat sur le projet de loi concernant la moralisation de la vie publique a été très mouvementée ce mardi à l’Assemblée nationale. Suspensions de séance, frictions, « exfiltration »…, de nombreux incidents ont émaillé les débats tout au long de l’après-midi. Plusieurs députés se sont plaints des modalités d’octroi du temps de parole et des conditions de vote.

Le député MoDem Jean-Louis Bourlanges est le premier à s’être emporté. Il s’est agacé d’être privé de temps de parole par la présidente de séance Carole Bureau-Bonnard lors des débats sur « la confiance de la vie publique », au point de quitter l’hémicycle.

« Ben, il part… »

« Je suis un parlementaire comme vous, j’ai demandé la parole », a clamé l’élu des Hauts-de-Seine. La vice-présidente lui refusant le micro, le député s’est alors emporté : « Ah, non ! c’est inadmissible ». Cette figure médiatique, qui fut vingt ans parlementaire européen, a alors quitté l’hémicycle, sous les applaudissements de certains élus, la vice-présidente glissant : « Ben, il part… »

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Peu après, un nouvel incident s’est produit autour du vote à main levée d’un amendement. La vice-présidente a argué d’un micro défaillant pour dire que ses consignes n’avaient pas été entendues par certains. L’élu constructif Philippe Vigier et l’élu socialiste Nouvelle Gauche Olivier Dussopt ont contesté cette version et affirmé qu’elle n’avait pas respecté les règles. Dans le bruit, une suspension de séance a été demandée par les élus socialistes.

« Ici, on n’est pas dans une phase d’apprentissage, on fabrique la loi »

Après la reprise des débats, d’autres députés ont fait part de leur mécontentement, le tout dans une grande confusion. Certains ont dénoncé vivement la discussion commune de certains amendements, à l’image d’Éric Coquerel (LFI) qui a notamment pointé un « problème politique ».

« Vraiment, cela devient pénible », a tonné André Chassaigne, chef de file communiste, reprochant une présidence des débats « incompréhensible ». Il a été rejoint, fait rare, par le député Les Républicains Philippe Gosselin, qui s’est exclamé : « Ici, on n’est pas dans une phase d’apprentissage, on fabrique la loi ».

La vice-présidente « exfiltrée »

Mécontents de la tenue des débats, les députés s’en sont alors pris à la présidente de séance. L’ambiance était si tendue qu’il a fallu « l’exfiltrer », et appeler François de Rugy au perchoir, a expliqué une journaliste présente au Palais-Bourbon. Après une nouvelle suspension, le président de l’Assemblée François de Rugy a donc repris la présidence des débats peu avant 17 h pour tenter de ramener la sérénité, rappelant que la discussion commune d’amendements était « une procédure habituelle ».

Le leader des insoumis Jean-Luc Mélenchon a alors tenu à adresser un message à la vice-présidente remplacée, assurant qu'« aucun d’entre nous n’a souhaité sa disparition soudaine ». « Nous n’avons pas cherché à créer des incidents, mais à faire respecter le règlement », a-t-il affirmé.