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SOCIALBaisse des aides au logement: A qui la faute?

Baisse des aides au logement: Qui du gouvernement actuel ou du précédent l'a décidée?

SOCIALDans un entretien au Parisien, l’ancien ministre chargé du Budget Christian Eckert contredit les affirmations du nouvel exécutif selon lequel la baisse des aides au logement aurait été décidée par le gouvernement précédent…
Christian Eckert, ex-secrétaire d’État chargé du Budget au Ministère des Finances et des Comptes publics, dément les déclarations du gouvernement actuel, qui avance que la baisse des aides au logement serait une mesure décidée sous le quinquennat de François Hollande.
Christian Eckert, ex-secrétaire d’État chargé du Budget au Ministère des Finances et des Comptes publics, dément les déclarations du gouvernement actuel, qui avance que la baisse des aides au logement serait une mesure décidée sous le quinquennat de François Hollande. - PATRICK GELY/SIPA
Anissa Boumediene

A.B. avec AFP

Le précédent gouvernement n’a « jamais » envisagé une baisse des aides au logement, a affirmé l’ancien ministre chargé du Budget Christian Eckert, dans un entretien au Parisien, contredisant des affirmations du nouvel exécutif.

La baisse « ne nous semblait pas juste »

« Nous ne l’avons jamais envisagée. Jamais. Je suis formel. Elle ne nous semblait pas juste », a déclaré Christian Eckert interrogé par le quotidien sur cette mesure. Des propos partagés par son ancienne collègue Emmanuelle Cosse, ex-ministre du Logement, qui s’est dite « consternée » et « scandalisée » par les déclarations du gouvernement actuel, qu’elle accuse de dire « n’importe quoi ».

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Une responsable du ministère de la Cohésion des Territoires, chargé notamment du Logement, avait indiqué samedi à l’AFP que toutes les aides au logement allaient baisser de 5 euros par mois et par foyer à partir d’octobre et assuré qu’il s’agissait de « l’application d’une réforme d’économie budgétaire décidée sous le quinquennat précédent ».

Le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, a pour sa part déclaré au Parisien que « c’est une mesure qui découle du fait que le projet de loi de finances (PLF) 2017 avait été sous-doté car le précédent gouvernement avait prévu, sans l’annoncer, une baisse du montant de ces aides de 140 millions d’euros dans le budget ».

« Sauf qu’ils nous ont laissés la faire », a poursuivi Jacques Mézard, en ajoutant que le gouvernement n’avait « pas d’autre solution que de la mettre en œuvre pour combler ce trou ».

Trop tôt pour parler de « trou budgétaire »

Selon Christian Eckert, « à chaque changement de ministre, il se passe le même scénario : la direction du Budget présente une liste de mesures que l’on appelle « le musée des horreurs », des mesures généralement refusées par les prédécesseurs et qu’elle essaye de replacer ».

Il a par ailleurs estimé qu’il était trop tôt pour parler de « trou budgétaire ». « L’année n’est pas terminée. Comment peuvent-ils savoir en juin qu’il va manquer 140 millions à la fin de l’année sur un budget de 18 milliards d’euros », s’est-il interrogé.

Les aides au logement bénéficient à 6,5 millions de ménages français. Versées par la Caisse d’allocation familiale (CAF), elles se décomposent en trois catégories : l’aide personnalisée au logement (APL) qui profite notamment à environ 800.000 étudiants, l’allocation de logement familial (ALF), et l’allocation de logement social (ALS).

Les organisations étudiantes Fage et Unef ont été les premières à dénoncer la décision gouvernementale, évoquant une aide « vitale » alors qu’un étudiant sur quatre est sous le seuil de pauvreté et que plus de 100.000 travaillent à mi-temps pour financer leurs études.

« Un effet pervers »

Cette baisse ne pourrait être qu’une étape avant une révision plus profonde. S’il « n’a jamais été question de les supprimer », « ces aides ont comme effet pervers de faire augmenter les loyers au plus grand bénéfice des propriétaires », argumente JacquesMézard.

Avec « la formation professionnelle et les dépenses d’intervention sociale », le logement fait partie des trois politiques « identifiées par le gouvernement pour lesquelles la France dépense plus que ses voisins sans pour autant améliorer les services », selon Gérald Darmanin.

« Toute notre action réformatrice se concentrera, du moins dans les premiers mois de notre mandat, sur l’amélioration de l’efficacité de ces politiques », a-t-il annoncé jeudi à l’Assemblée.

Emmanuel Macron a aussi annoncé une loi à l’automne visant à « libérer des terrains plus rapidement » et à réduire délais et contraintes sur la construction dans les zones en forte tension (Grand Paris, Grand Lyon et Aix-Marseille).

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