VIDEO. Nouvelle Gauche: De pote de promo de Macron à premier opposant, qui est Boris Vallaud?

PORTRAIT Après avoir passé plusieurs années dans l’ombre des cabinets, le nouveau député socialiste a décroché son premier mandat électif en juin dernier…

Thibaut Le Gal

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Boris Vallaud, député de la 3ème circons­crip­tion des Landes.
Boris Vallaud, député de la 3ème circons­crip­tion des Landes. — GEORGES GOBET / AFP

« On nous avait promis le meilleur de la gauche et de la droite. On a le pire de la droite ». Ce mardi sur BFMTV, Boris Vallaud a de nouveau taclé la politique d’Emmanuel Macron. Peu connu du grand public, le député des Landes tente de s’imposer depuis quelques semaines comme une figure de l’opposition.

Ce n’est qu’en juin dernier, à 41 ans, qu’il décoche son premier mandat électif. Cela fait pourtant quelques années que Boris Vallaud roule sa bosse en politique. D’abord cantonné aux rôles de l’ombre, dans les cabinets d’autres figures socialistes ou à l’Elysée, le mari de l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem prend la lumière avec son élection dans la 3e circonscription des Landes aux dernières législatives.

Moins tonitruant à la tribune que les députés de la France insoumise, le nouveau porte-parole du groupe Nouvelle Gauche (ex-PS) a lui aussi étrillé à plusieurs reprises la réforme du Code du travail du gouvernement. 20 Minutes vous en dit un peu plus sur le député socialiste.

Un « pote » de promo de Gaspard Gantzer et Emmanuel Macron

Le natif de Pau coche à peu près toutes les cases du cursus honorum classique. D’abord, Sciences Po Paris. C’est là qu’à la fin des années 1990, il rencontre sa future femme et mère de ses jumeaux, Najat Vallaud Belkacem. Une fois diplômé, le couple potasse ensemble le concours de l’ENA. Mais seul Boris Vallaud est finalement sélectionné. Il fait alors partie de la célèbre promotion Sédar-Senghor [2002-2004], et se lie d’amitié avec Gaspard Gantzer et Emmanuel Macron, qu’il retrouvera quelques années plus tard à l’Elysée.

Bras droit d’Arnaud Montebourg

Diplôme de l’ENA en poche, le haut fonctionnaire s’installe au conseil général de Saône-et-Loire où il rencontre un certain Arnaud Montebourg. Boris Vallaud tape dans l’œil de ce dernier qui le choisit pour être son conseiller spécial puis directeur de cabinet lorsqu’il rejoint Bercy de 2012 à 2014. « Une vraie aventure, extrêmement enthousiasmante », décrivait-il au Monde en 2015.

« Il avait une relation de confiance très forte avec Arnaud [Montebourg], mais c’est aussi quelqu’un qui savait lui tenir tête quand il n’était pas d’accord », se souvient David Lebon, alors chef de cabinet du ministre. « Ils n’étaient pas toujours sur la même ligne politique. Boris reprochait aussi les coups de com’et le côté cow-boy d’Arnaud qui lui répondait alors : « Vous me faites chier avec vos trucs de fonctionnaire ».

« L’hémisphère gauche » de Hollande à l’Elysée

Leurs chemins se séparent à la rentrée 2014. Arnaud Montebourg quitte le gouvernement avec fracas. Deux mois plus tard, Boris Vallaud entre lui au cœur du pouvoir en devenant secrétaire général adjoint de l’Elysée. Au détriment de ses convictions ? « Quand le président m’a demandé de venir à l’Elysée, il n’était pas ignorant de ce que j’avais fait avant chez Montebourg », répond l’intéressé au Monde. « Dans son travail à l’Elysée, il me disait : être « l’hémisphère gauche du président ». C’était le jeu de François Hollande, d’avoir des gens différents, pas toujours d’accord entre eux », avance David Lebon.

Un Landais de cœur

Lorsqu’il décide d’être candidat aux législatives dans les Landes, ses adversaires l’accusent d’être parachuté par le PS. Lui s’en défend, rappelle son expérience à la préfecture des Landes et son attache familiale à Hontanx. Surtout, le jeune homme est adoubé par la figure socialiste locale, le défunt Henri Emmanuelli. « Il est parti en 2008 des Landes et j’ai beaucoup apprécié les qualités de ce jeune homme. Je n’avais jamais vu quelqu’un d’aussi rapide et efficace sur des dossiers », assurait le député à Sud ouest avant de lui offrir « sa » circonscription.

Opposant à la loi Travail… et futur cadre du PS ?

Le nouveau porte-parole du groupe Nouvelle Gauche s’inscrit dès le début des débats parlementaires dans l’opposition puisqu’il est l’un des 5 députés socialistes (sur 28) à avoir voté contre la confiance au gouvernement d’Edouard Philippe. L’opposant se montre ensuite très actif contre la loi Travail, déposant de nombreux amendements et appelant ses confrères de la République en marche « à ne pas construire une société de mini-jobs ».

« Sur le fond il est plus proche de l’aile gauche du PS. En même temps, il est très social démocrate dans la méthodologie, pour l’union des forces sociales du pays. C’est un homme d’ambition et de compromis, une bonne synthèse entre l’idéal et le pragmatisme », résume David Lebon. Peut-il jouer un rôle dans la reconstitution du PS ? Son ancien collègue reconnaît qu’il est encore peu connu du grand public. « Je suis sûr qu’il percera dans les années qui viennent. Mais ce n’est pas à travers la bataille parlementaire qu’on devient un leader… », dit-il.