VIDEO. Démission du général de Villiers: A Istres, Macron lance une délicate opération de reconquête des militaires

DEFENSE En désaccord avec le chef de l’Etat sur les coupes budgétaires imposées à la défense, le général de Villiers a démissionné mercredi…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron et Pierre de Villiers
Emmanuel Macron et Pierre de Villiers — STEPHEN CROWLEY / POOL / AFP

Vingt-quatre heures après la démission fracassante du chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, Emmanuel Macron se rend ce jeudi matin sur la base aérienne 125 d’Istres, pour une adresse aux militaires très attendue.

Le chef de l’Etat et des armées y sera notamment accompagné du général François Lecointre, le nouveau « CEMA », jusqu’à présent chef du cabinet militaire du Premier ministre.

Le chef de l’Etat a « beaucoup d’ambitions pour les armées »

Après une présentation des Rafale, Mirage, AWACS et autres avions de ravitaillement qui participent à la composante aérienne de la force de dissuasion, une visite d’infrastructures sensibles et un déjeuner avec les équipages « d’alerte », Emmanuel Macron s’adressera au personnel de la base.

Il « réitérera son soutien aux armées, rappellera qu’il a beaucoup d’ambitions pour elles dans un contexte international difficile tout comme ses engagements de campagne sur l’augmentation du budget de la défense », explique son entourage.

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Le chef de l’État s’est engagé à porter à 2 % du PIB l’effort de défense d’ici à 2025 mais, en attendant, 850 millions d’euros d’économies leur ont été brutalement réclamés aux armées cette année, dans un contexte de restrictions budgétaires générales.

A l’issue de son allocution, Emmanuel Macron embarquera à bord d’un Boeing C135 qui ravitaillera des avions de combat en vol et le conduira jusqu’à Paris.

Pas le rôle du chef d’état-major

Il s’agit de sa seconde visite consacrée à la dissuasion depuis son élection. La première l’avait conduit début juillet à bord de l’un des quatre sous-marins de la composante océanique de la force de dissuasion, Le Terrible. Hélitreuillé, il avait effectué une plongée de quelques heures au large des côtes françaises.

En désaccord avec le chef de l’Etat sur les coupes budgétaires imposées à la défense, le général de Villiers a donc démissionné mercredi, un geste sans précédent sous la Ve République qui a marqué la première crise ouverte du quinquennat. « Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français », a-t-il lâché dans un communiqué.

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Personnalité intègre et rugueuse, Pierre de Villiers s’était exprimé à huis clos à l’Assemblée nationale, assurant qu’il n’allait pas se « laisser baiser » et que la situation n’était « pas tenable ».

Jusqu’à cet incident, les relations entre les militaires et le nouveau président étaient au beau fixe. Emmanuel Macron avait multiplié les signaux en leur direction : visite à des blessés de guerre le jour de son investiture, déplacement sur la base militaire française de Gao, au Mali, visite à bord du Terrible…