VIDÉO. Démission du chef d'état-major des armées: Quatre choses que vous ignoriez (peut-être) sur le général Pierre de Villiers

PORTRAIT Pierre de Villiers a annoncé sa démission ce mercredi matin ... 

Martin Guimier

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Le général Pierre de Villiers, chef des armées françaises, le 14 juillet 2017.
Le général Pierre de Villiers, chef des armées françaises, le 14 juillet 2017. — Etienne Laurent/AP/SIPA

Le chef d’état-major des armées françaises était dans la tourmentedepuis son altercation avec Emmanuel Macron concernant les restrictions du budget de la Défense la semaine dernière. A bientôt 61 ans, Pierre de Villiers a finalement décidé de jeter l’éponge ce mercredi en annonçant sa démission, deux jours avant sa rencontre prévue à l’Elysée avec le chef de l’Etat pour faire le point sur leur brouille et décider de son sort.

Le Vendéen, père de six enfants, diplômé de Saint-Cyr, a fait une brillante carrière. Voici quatre choses que vous ignoriez peut-être sur le militaire le plus haut gradé de France.

Il sait ce qu’il veut et le fait savoir

Alors nommé chef des armées depuis seulement trois mois, Pierre de Villiers avait déjà menacé de démissionner en 2014, accompagné des chefs d’état-major des trois armées (air, terre, mer). Une situation semblable à celle d’aujourd’hui, avec un ultimatum qui répondait également à une volonté du gouvernement de réduire le budget des armées. Les coupes étaient alors évaluées à 355 millions d’euros pour l’année 2014, et avaient déjà été jugées inacceptables par Pierre de Villiers. Notamment soutenus par Jean-Yves Le Drian, qui évoquait des « conséquences très lourdes » pour la défense, les chefs d’état-major avaient obtenu gain de cause auprès de François Hollande, qui avait finalement renoncé à réduire le budget. Le chef des armées avait également publié une tribune en décembre 2016, dans laquelle il appelait à un « effort de guerre » accru, et réclamait le passage du budget de la défense de 1,77 % à 2 % du PIB. L’ex-président de la République n’avait cette fois-ci pas cédé à la demande, estimant que la France disposait des « ressources nécessaires » pour faire face à ses objectifs de défense.

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Il n’a pas sa langue dans sa poche

Tout le monde a pu s’en apercevoir lorsque le 12 juillet dernier, Pierre de Villiers lance devant les députés de la commission de la défense : « Je ne me laisserai pas baiser comme ça ! » en réaction à l’annonce du gouvernement sur la réduction surprise de 850 millions d’euros du budget de la défense. Des propos prononcés à huis clos, mais qui fuitent immédiatement dans la presse, provoquant le début des tensions avec Emmanuel Macron.

Le président de la République lui répond d’ailleurs implicitement dès le lendemain, s’adressant aux armées : « Je suis votre chef (…) J’aime le sens de la réserve qui a tenu nos armées où elles sont aujourd’hui. »

Ce n’est pas la première fois que Pierre de Villiers fait étalage de son verbe fleuri. En mars 2015, lors d’un passage en revue des troupes sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, en présence de son homologue américain Martin Dempsey, le chef des armées lâche à ses marins : « C’est bien ! Vous avez de la gueule ! » Le général Henri Bentégeat, l’un de ses prédécesseurs, rapporte au Monde « C’est un officier de cavalerie classique, avec un certain goût pour le franc-parler, et sa formule lancée devant la commission de la défense est typique de l’homme de cheval ».

C’est le frère de Philippe de Villiers 

Issu de la famille Le Jolis de Villiers, grande famille de la noblesse française, le chef d’état-major est également le frère de l’homme politique Philippe de Villiers, fondateur du Puy du Fou, désormais à la retraite. S’il se dit, comme son frère, catholique pratiquant, il n’a jamais tenu à exprimer ses opinions politiques outre mesure. Il déclarait à Libération être « laïc et républicain », ouvert et curieux des autres. Le rapprochement avec Philippe de Villiers a souvent été fait durant sa carrière, « en mal ou en bien », bien qu’il assure ne jamais avoir été favorisé ou freiné en raison de son nom. « C’est l’honneur de la République » assure-t-il.

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C’est un passionné de football

Grand supporter du FC Nantes ainsi que du fameux « jeu à la nantaise », Pierre de Villiers n’hésite pas à établir un parallèle entre les valeurs véhiculées par le sport, notamment par le football, et celles véhiculées par l’armée : « J’ai souvent rêvé d’être un grand footballeur. J’ai découvert ce que le football pouvait m’apporter, la vraie fraternité, le vestiaire et sa chaleur humaine, et puis le fait que l’on n’est rien sans les autres », déclarait-il dans une interview accordée à France Bleu.

Le chef des armées estime que le football l’a aidé à accomplir sa brillante carrière : « Je dis souvent sur le ton de l’humour que j’ai réussi ma carrière militaire grâce au football. Ce n’est pas complètement faux : quand j’étais lieutenant, tout le monde me connaissait au régiment parce que j’étais capitaine de l’équipe de foot, je connaissais ainsi les sous-officiers qui venaient ensuite me filer un coup de main. C’est en jouant avec les militaires que j’ai appris le métier, cela m’a donné une connaissance de l’armée et de sa grande richesse humaine. » Il considère d’ailleurs que l’armée française est un « grand vestiaire » : « L’armée française a une hiérarchie, mais nos relations sont extrêmement fraternelles. J’ai appris la vraie vie militaire dans le vestiaire. »