PS: Nos conseils pour sortir le Parti de la rose de la «lose»

PARTI La direction collégiale provisoire, désignée il y a une dizaine de jours, se réunissait ce lundi pour subsister…

Thibaut Le Gal

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Que reste-t-il du PS aujourd'hui ?
Que reste-t-il du PS aujourd'hui ? — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le Parti socialiste, ça vous dit quelque chose ? Mais si, souvenez-vous, ce parti de social-démocratie qui était à la tête de l’Etat, des régions, des départements et même des mairies il y a encore quelques mois/années. Après une défaite historique à la présidentielle et une débâcle aux législatives, le PS tente de subsister.

La direction collégiale provisoire, désignée il y a une dizaine de jours, se réunissait pour la première fois ce lundi. L’objectif ? Survivre, tout simplement. « On est là, on existe, on va planter des graines pour que des plantes poussent dans les mois qui arrivent. Voilà notre état d’esprit : le PS n’est pas mort », assure François Kalfon, membre de la direction provisoire. Comment le PS peut-il sortir de la lose ? On fait le point, avec l’ancien directeur de campagne d’Arnaud Montebourg et Rachid Temal, également à la tête du PS.

1. Changer le nom du parti

Le débat revient régulièrement à Solférino. Il y a dix ans, déjà, un certain Manuel Valls s’était fait taper sur les doigts pour avoir proposé de « changer le nom » et « dépoussiérer » le parti. « Le train-train est mortel », expliquait-il. Si l’intéressé a, depuis, changé de train, la question d’une nouvelle identité demeure. Car avant de quitter le navire, Jean-Christophe Cambadélis a déterré cette vieille rengaine.

« Je suis attaché au beau mot de socialiste, mais il ne doit pas y avoir de tabou. Le parti ne doit pas devenir un musée », répond François Kalfon. « Si l’on fait un travail de refondation du parti, il faut le faire sans interdit. Mais cette question du changement de nom doit arriver à la fin de ce travail », acquiesce Rachid Temal.

>> Degré de coolitude : 4/5 Les dernières élections ont montré que l’étiquette PS est fuie comme la peste par les électeurs. D’ailleurs, le parti n’a plus grand-chose à voir avec le socialisme d’Epinay, et mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde, comme disait l’autre.

>> Probabilité : 4/5 Certes, sa mort a été annoncée à plusieurs reprises, mais le PS semble cette fois bien décidé. D’ailleurs, le groupe socialiste à l’Assemblée a déjà évolué et s’appelle désormais « Nouvelle Gauche ».

2. Vendre Solférino

Présentons d’abord le tableau : Après ses multiples échecs électoraux, le PS est dans le rouge. En perdant 9 sièges sur 10 à l’Assemblée, les socialistes verront leurs finances fondre de plus de 17 millions d’euros (par an !) par rapport au précédent quinquennat. Pour éviter la banqueroute, Jean-Christophe Cambadélis (encore lui) avait évoqué l’idée de mettre en vente le siège historique du parti. « Lorsqu’on fonde un nouveau parti, cela commence par les symboles. Mais encore une fois, ce débat doit venir après », répond Rachid Temal. François Kalfon est un peu plus enthousiaste. « Déménager serait un bon symbole, on ne dirige pas un parti populaire de gauche depuis le 7e arrondissement de Paris ».

>> Degré de coolitude : 3/5 Quitter le chic de Solférino pour un quartier plus populaire pourrait s’avérer positif en termes de com'. Joindre l’utile au nécessaire, en somme.

>> Probabilité : 4.9/5 Le trésorier du parti est sans appel ce lundi dans le Parisien. Le PS devrait donc bien vendre ou hypothéquer Solférino pour s’en sortir.

3. Se mettre d’accord sur une ligne

Autre urgence pour le PS : se mettre d’accord alors que le quinquennat n’a cessé d’accroître les divisions. « Il ne sert à rien de reprendre les vieux débats. Nous devons nous tourner vers l’avenir sans a priori, sans posture », évacue Rachid Temal. « Il faut faire preuve de bienveillance. La guerre entre légitimistes et frondeurs est derrière nous », veut aussi croire François Kalfon. « Notre groupe a voté contre la loi d’habilitation aux ordonnances. Nous serons mobilisés contre la loi Travail à la rentrée. Il nous faut bien sûr un PS opposant ».

>> Degré de coolitude : 5/5 De l’avis de tous les socialistes, le parti a payé cher ses divisions lors des dernières élections. L’unité pourrait redorer leur blason.

>> Probabilité : 0.0001/5 Bien sûr, Benoît Hamon et Manuel Valls ont quitté le parti. Mais mettre d’accord l’ensemble des socialistes paraît quand même improbable. D’ailleurs, lors du vote de confiance à Edouard Philippe, le groupe « Nouvelle gauche » s’est déjà divisé : 23 abstentions, 5 votes contre, 3 votes pour.

4. Faire participer les militants en ligne

L’idée est avancée par Rachid Temal. « Il faut donner la parole aux militants cet été à travers une plateforme numérique. C’est à eux de nourrir la feuille de route sur laquelle s’appuiera la direction collégiale ».

>> Probabilité : 5/5 Le projet semble acté.

>> Degré de coolitude : 2/5 L’idée n’est pas révolutionnaire : tous les partis et mouvements politiques l’ont déjà essayée.