VIDEO. Emmanuel Macron estime que l’Allemagne «doit bouger, comme la France doit bouger»

DIPLOMATIE Emmanuel Macron a répondu à une interview fleuve pour «Ouest-France» où il martèle son attachement à une Europe forte...

Oihana Gabriel

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Angela Merkel et Emmanuel Macron lors d'un congrès à Trieste le 12 juillet 2017.
Angela Merkel et Emmanuel Macron lors d'un congrès à Trieste le 12 juillet 2017. — AFP

Depuis son élection, Emmanuel Macron a manifesté une très claire volonté de relancer le couple franco-allemand. Il va maintenant passer aux négociations avec la chancelière. Quelques heures avant de recevoir Donald Trump, Emmanuel Macron préside jeudi le 19e Conseil des ministres franco-allemand au côté d’Angela Merkel avec l’ambition de convaincre Berlin de « bouger » pour corriger les « dysfonctionnements » de la zone euro et lui « donner le destin qu’elle mérite ».

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Que doit faire l’Allemagne ?

Si le président français déroge à la traditionnelle interview télévisée du 14 juillet, il a accordé une longue interview à Ouest France, où il détaille ses ambitions pour l’Europe et ses attentes de cette rencontre à Paris. L’Allemagne « doit bouger, comme la France doit bouger » en se réformant, a souligné le chef de l’Etat français dans une interview publiée jeudi dans le quotidien Ouest France ainsi que les journaux du groupe de presse allemand Funke, à quelques heures de ce conseil.

L’Allemagne, insiste-t-il, se doit d'« accompagner une relance de l’investissement public et privé en Europe » et d’assumer des « responsabilités partagées », sa compétitivité étant due en « partie » aux « dysfonctionnements de la zone euro » et « à la faiblesse d’autres économies ». Nul doute donc que ces questions sont au cœur des discussions entre le chef de l’Etat français et la chancelière allemande qui ont rejoint Paris ensemble mercredi soir, à bord d’un appareil de la République fédérale, après un sommet sur le Balkan réuni à Trieste (Italie).

Economie, langue et antiterrorisme au menu

Attendue dès 8h40 à l’Elysée ce jeudi, Angela Merkel et son hôte repartiront peu après pour assister dans le nord de Paris à un atelier linguistique organisé par l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) et destiné à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes des deux pays. L’occasion pour Emmanuel Macron de rappeler, comme il l’a fait dans son interview, « la réouverture de 1.200 classes bi-langues dans les collèges » qui portera, assure-t-il, l’enseignement de l’allemand à « un niveau qu’il n’a jamais connu ».

De retour à l’Elysée, les deux dirigeants présideront un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité centré sur la lutte antiterroriste et l’Europe de la défense, après un sommet européen qui a créé fin juin un fonds européen ad hoc, jetant aussi les bases d’une « coopération structurée permanente ».

Dans la foulée, ils s’entretiendront en présence du Premier ministre français Edouard Philippe, alors que les ministres français et allemands se retrouveront par tandem selon leurs domaines de compétences : Intérieur, Affaires étrangères, Défense, Finances, Culture, Travail, Education, Affaires européennes… Les deux exécutifs partageront ensuite un déjeuner avant une conférence de presse conjointe du président français et de la chancelière allemande.

Sonder les intentions du gouvernement français

A moins de trois mois des élections générales en Allemagne, Paris et Berlin, à défaut d’avancées décisives sur les dossiers clés comme la réforme de la zone euro, tenteront de poser des jalons pour l’avenir.

L’exécutif allemand aura aussi à cœur de sonder les intentions du nouveau gouvernement français. La chancelière compte ainsi évoquer plus en détail avec Emmanuel Macron ses projets pour l’eurozone qu’il souhaite notamment doter d’un ministre des Finances. « Je dois savoir ce dont il s’agit, quelles compétences il aurait, quelles seraient les compétences européennes et nationales », a-t-elle observé cette semaine.

A ce propos, Emmanuel Macron se prononce dans les colonnes de Ouest France pour « des mécanismes de solidarité plus puissants » qui passent selon lui par un « budget » de la zone euro, « un gouvernement qui décide de l’allocation de ce budget et un contrôle démocratique qui n’existe pas aujourd’hui ». Mais à titre d’exemple, Angela Merkel a évoqué aussi « la relance des (efforts) pour aligner davantage les conditions générales de l’imposition des entreprises » des deux côtés du Rhin.