VIDEO. Brigitte Macron: «En France, la femme du président doit tenir un rôle de super-assistante sociale»

POLITIQUE Brigitte Macron devrait s’engager sur le plan autisme, présenté par le gouvernement ce jeudi après-midi…

Martin Guimier

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Brigitte Macron - Outside arrivals at Christian Dior Celebrates 70 Years of Creation - Exhibition At Musee des Arts Decoratifs as part of Haute Couture Paris Fashion Week on July 3, 2017 in Paris, France
Brigitte Macron - Outside arrivals at Christian Dior Celebrates 70 Years of Creation - Exhibition At Musee des Arts Decoratifs as part of Haute Couture Paris Fashion Week on July 3, 2017 in Paris, France — Jean-Marc Haedrich/SIPA
  • Brigitte Macron va s'investir dans le plan autisme 
  • Les Premières dames s'engagent souvent pour les causes humanitaires en France
  • Emmanuel Macron veut créer un statut officiel pour la Première dame

C’est une vieille tradition en France. La Première dame du pays, dont le titre reste d’ailleurs purement honorifique, a pour habitude de s’engager sur le plan associatif et humanitaire. Et Brigitte Macron ne semble pas déroger à la règle. Elle a assisté au lancement du quatrième plan autisme, présenté par le gouvernement ce jeudi après-midi. Un sujet qui lui tient à coeur. Selon Le Parisien, elle a visité un foyer d’autistes dans le Val d'Oise avec son mari en novembre dernier. La présidente de SOS autisme, Olivia Cattan, pense même qu’elle pourrait créer une fondation à ce sujet. Le quotidien rappelle que les sujets de prédilection de Brigitte Macron sont l’éducation, le handicap et la culture.

Eviter le domaine politique

Selon Philippe Valode, essayiste et auteur de Les premières dames de la Vème République, « la Première dame doit éviter d’intervenir dans le domaine politique, pour ne pas créer de polémiques. On élit un président de la République après tout, pas un couple… La femme du président apporte une touche d’humanité, elle est le pendant humain d’un dirigeant qui doit se montrer inflexible ». Alix Bouilhaguet, auteur de l’ouvrage Le couloir de Madame en avril dernier abonde : « On attend la Première dame sur le plan compassionnel ».

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Car sortir de ce rôle peut s’avérer périlleux. Bertrand Meyer-Stabley, auteur de Les femmes de président, explique que si « la femme du président doit effectivement tenir ce rôle de super-assistante sociale, son action peut aussi rentrer dans le champ diplomatique. Elle avance alors sur un terrain miné, et doit faire extrêmement attention à ses faits et gestes, qui seront toujours sujets à interprétation ».

Américanisation du rôle ?

De tante Yvonne à Valérie Trierweiler, en passant par Danièle Mitterrand, les Premières dames de la Vème République n’ont pas endossé l’habit de la même façon. L’épouse de François Mitterrand fut la première à marquer une rupture avec ses prédécesseurs, en tenant un rôle véritablement politique. Ses rencontres avec Fidel Castro restent notamment dans les mémoires. « Danielle Mitterrand est la première à s’engager dans des domaines plus politiques », estime l’historien et politologue Jean Garrigues. « Il y a une américanisation du rôle depuis la fin des années 70, sur le modèle Jacquie Kennedy, avec un interventionnisme accru de la Première dame ».

Une évolution qui tiendrait aussi à l’ère du temps selon Philippe Valode : « L’évolution du rôle de la Première dame est liée à l’évolution de la situation de la femme en général. Bernadette Chirac a assuré un équilibre au Palais de l’Elysée, là où Anne-Aymone Giscard d’Estaing assurait celui de la couleur des fleurs du jardin ». Mais il ne semble pas que Brigitte Macron veuille marcher sur les plates-bandes de l’exécutif.

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Bientôt un statut officiel ?

Emmanuel Macron avait annoncé durant sa campagne, en mars dernier, qu’il souhaitait « clarifier » le statut de Première dame du pays. Sans être rémunérée, le nouveau président de la République estimait que celle-ci devait « avoir un vrai rôle, un vrai statut et une capacité à faire ». Un avis assez partagé par Philippe Valode, qui explique que « la Première dame reste le personnage que le président fréquente le plus, il est nécessairement influencé par ses opinions lors d’un quinquennat. Par conséquent, je serais personnellement pour un entre-deux, je ne pense pas qu’il faille instaurer un statut officiel, mais plutôt qu’il faudrait définir un budget alloué à la Première dame, déterminer le nombre de ses collaborateurs, et s’assurer qu’elle n’intervienne pas dans le domaine politique ».

Pour sa part l’historien Jean Garrigues pense que « le statut officiel de la Première dame ne correspond pas à la culture française. Néanmoins, cela pourrait être utile pour fixer un cadre, notamment au niveau des fonds et du personnel alloués à la femme du président de la République ».

Selon Le Parisien, c’est à la rentrée que le rôle et les moyens de la Première dame seront précisés. Cela devrait prendre la forme « d’un document de référence sur les moyens en collaborateurs attribués à la Première dame et les missions qu’elle accomplit ». De plus son agenda devrait bientôt être rendu public. Brigitte Macron bénéficie aujourd’hui, d’après Le Parisien, de deux collaborateurs et de deux secrétaires à plein-temps.