Macron devant le Congrès: «Un long prêche» plutôt «flou» pour la presse

REVUE DE PRESSE Les journaux ont jugé le discours du président de la République peu convaincant et attendent d’avantage de celui du Premier ministre…

Noémie Seguin

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Unes de la presse du 4 juillet 2017 au lendemain du discours à la tribune du Congrès à Versailles d'Emmanuel Macron.
Unes de la presse du 4 juillet 2017 au lendemain du discours à la tribune du Congrès à Versailles d'Emmanuel Macron. — DR

L’adresse solennelle du président de la République devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles était (presque) attendue comme le Messie. Mais dans la presse du jour le constat est sans appel : le discours d’ Emmanuel Macron était « flou », la presse attend donc mardi davantage de concret du discours de politique générale du Premier ministre.

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« Un prêche indigeste » (L’Humanité), « le flou et la forme » (Libération), « un discours de politique très général » (Le Figaro). Emmanuel Macron, qui a promis un « changement profond » pour répondre à « l’impatience » des Français, n’a en tout cas pas réussi à convaincre les commentateurs.

« Après la vague Macron, le Macron vague », s’amuse Laurent Joffrin dans Libération, en notant que « tout en promettant de ne pas biaiser avec le réel, Emmanuel Macron a pris la diagonale du flou ».

A 20 minutes, on a surtout noté que le président avait fait d'une pierre deux coups avec son discours : fixer un cap et  régler ses comptes en ouvrant « la boîte à claques ».

« Dans un discours millimétré, gorgé de formules flirtant avec l’emphase, le président a décrit, par le menu, l’économie générale de son mandat », juge quant à lui François Ernenwein de La Croix.

Une du journal
Une du journal - DR

Macron laisse à son Premier ministre « les sujets qui fâchent »

Le plus sévère est sans conteste L’Humanité. L’éditorialiste du journal communiste, Patrick Apel-Muller, fustige « un long prêche cauteleux, un chapelet de platitudes et un hachis de grands principes réduits à des banalités ». Le journaliste n’avait déjà pas épargné le président dans l’édito de la veille de son discours.

« À force de constater que François Hollande était incapable de prendre de la hauteur, Emmanuel Macron a visiblement décidé d’adopter l’attitude inverse », commente de son côté Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro, quotidien qui estime que « Macron laisse à Philippe les sujets qui fâchent ».

Dans Les Echos, Cécile Cornudet, apparemment sur la même longueur d’onde, précise la répartition des rôles au sein du couple exécutif : « au président les mots, les concepts ; au Premier ministre, les actes et les gestes. La tête et les tripes ».

Dans la presse régionale, Pascal Coquis, des Dernières Nouvelles d’Alsace, analyse la forme d’un discours vraisemblablement difficile à écouter jusqu’à la fin. Le journaliste a trouvé le discours « trop long, par instants surjoué, bien écrit mais perclus de formules lénifiantes, moralisateur parfois et finalement creux, il s’est révélé un moment considérablement ennuyeux et même par séquences pénible ».
Au contraire, Jean-Michel Helvig de La République des Pyrénées salue « un discours de haute tenue et bonne facture ».