Jack Lang suggère de «supprimer le poste de Premier ministre»

POLITIQUE Dans un entretien au journal «Le Parisien», l’ancien ministre apporte son soutien à l’actuel président et propose de le rendre responsable devant le parlement…

— 

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang le 2 mai 2017 à Paris.
L'ancien ministre de la Culture Jack Lang le 2 mai 2017 à Paris. — Michel Euler/AP/SIPA

Edouard Philippe a-t-il du souci à se faire pour son emploi ? Dans un entretien accordé au Parisien lundi, Jack Lang confie qu’il verrait d’un bon œil de supprimer purement et simplement le poste de Premier ministre. Contributeur à la révision constitutionnelle de 2008 qui autorise le président à s’exprimer devant les deux assemblées réunies, Jack Lang se réjouit de la présence d' Emmanuel Macron ce lundi à Versailles. Une réunion extraordinaire et sans débat contradictoire, qui doit permettre de fixer la feuille de route du président. Si cette intervention, depuis son annonce, suscite nombre de critiques, Jack Lang, lui, pense qu’il est temps d’aller encore plus loin dans la réforme du pouvoir.

>> A lire aussi : Macron devant le Congrès, une tradition américaine qui fait hurler les autres partis

Dans son interview au Parisien, l’ancien ministre exprime le souhait que ce discours au Parlement réuni en Congrès à Versailles « devienne non seulement un rendez-vous régulier, tous les six mois par exemple, mais aussi l’occasion d’un vrai débat entre le président et les parlementaires. » Et d’ajouter, concernant la responsabilité présidentielle : « Aujourd’hui le président français est celui qui, dans les régimes démocratiques, a le plus de pouvoirs. Mais il n’a aucune responsabilité politique, puisque c’est le Premier ministre qui est responsable. Si on supprimait le poste de Premier ministre, le chef de l’Etat serait aussi chef du gouvernement. Il deviendrait responsable devant le parlement ».

Selon Europe 1, François Hollande était lui aussi favorable à cette idée. « Convaincu que les institutions ne sont plus adaptées au rythme du quinquennat », il aurait souhaité réformer la Ve République et limiter l’exécutif à la figure du président de la République. Une idée pas si saugrenue donc, évoquée aussi à droite par Nathalie Kosciusko-Morizet en 2016 et par  François Fillon il y a dix ans, pourtant lui-même locataire de Matignon à cette époque. A se demander alors, à quoi sert le Premier ministre ?